Orsi, Histoire de l'Italie moderne, j
3. Détail |)i(|iianl. Cavour cl Villamarina se présontèrenf aux Tuileries sur les talons des plénipotentiaires autrichiens. Moniteur universel du l'J fiirif-r
représentant de rAutriche, avait bien esquissé une résistance, mais lord Glarendon ayant déclaré « que l'Angleterre ne laisserait pas mettre en question la position de son allié », l'autre n'avait pas insisté ^ L'Empereur avait dit laconiquement au plénipotentiaire anglais : « Je ne concevrais pas qu'il pût en être autrement ». VValewski s'était résigné de bonne grâce. La seule parole de réserve vint de Glarendon, qui fit cette recommandation : « Vous avez trop de tact, pour pouvoirprendre part à des affaires qui ne vous regarderaient nullement. Vous assisterez à leur discussion et penserez à autre chose », ajoutant d'ailleurs : « Mais en vérité je ne puis concevoir quelle serait la question, qui ne vous intéressât point ^ » C'était exactement l'attitude que comptait prendre Gavour. Il avait pleine satisfaction de ce chef préliminaire et important.
Ainsi délivré de ce grave souci, Gavour se mit en relations avec ses collègues du Gongrès, avec tous ceux qui pourraient lui être utiles dans ses habiles menées. Ges hommes, il les rencontrera partout pendant près de deux mois ; l'après-midi, au quai d'Orsay, dans la salle des conférences où un tableau célèbre les a fixés pour la postérité^; le soir dans les fêtes splendides où leur estomac et leurs forces seront mis à dure épreuve, dîners aux Tuileries dans le luxe fastueux d'une cour remise à neuf et d'un éclat un peu voyant, réceptions, concerts et bals à l'Hôtel de Ville, au quai d'Orsay, dans les ministères, les ambassades et légations, car il n'était le moindre ministre qui ne voulût avoir son raout. Gavour passera d'un dîner à un bal, d'un grand personnage à un moindre seigneur,