‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 218 sur 247 · NoU- de La Marmora publiée par Degli Albcrti, Î5b · texte numérisé non relu

NoU- de La Marmora publiée par Degli Albcrti, Î5b

AU CONGRES DE l'ARlS 369

qui le trouvait insuffisant, humiliant pour la Maison de Savoie. Mais il ne voulait, ne devait pas heurter le puissant monarque ; il fallait le prendre en douceur, en finesse, l'amener à partager les désirs du Piémont, comme s'ils étaient siens, et à lancer, de lui-même, les propositions les plus favorables ;\ la politique italienne. Pour le gagnor et le séduire, Cavour multiplie les moyens : visites personnelles oiî il déploie tout le subtil génie des insinuations et des persuasions ; lettres, notes et mémoires, courts et clairs, d'une exacte logique ; avis à la presse italienne d'arrêter ses sarcasmes et de tourner ailleurs ses caricatures ; voire entrée, dans la diplomatie, de la « bellissima » comtesse de Castiglione, en l'invitant « à caqueter avec l'Empereur, et, s'il le faut, à le séduire »' ; surtout, et mieux, et plus propre, action par l'intermédiaire des Bonaparte qui ont quelque influence sur Napoléon : le roi Jérôme « un vrai et chaud ami pour nous" », ses enfants, la princesse Mathilde, qui pourrait être un utile intermédiaire » ; le prince Napoléon, qui deviendra dès lors un puissant allié : de longs voyages en Italie, les leçons de patriotes tels que Farini et Enrico, l'amitié de Mazzini, tout disposait le prince en faveur de la renaissance en Italie \

A ses précédents voyages, Camille lui avait déjà rendu visite et les relations s'étaient établies, agréables et faciles entre ces deux hommes si brillants, si différents : pendant le Congrès, il le revit à nombreuses reprises, avec un succès toujours grandissant. Le comte de Hiibner notait avec dépit

1. Cavour à Cibrario, 21 février 1856. Sur l'influence et les relations de la comtesse de Castiglione avec Cavour, v. Loliée, Les femmes du Second Empire {Papiers intimes), 1906, p. 9 et suiv.

i. Cavour à Raltazzi. 23 février 1856.

3. Comandini, Il principe Napoleone nel Risorgimentp italiano (1922), passim, et p. 48. 49. )

Cavoor. — II. 24

que le ministre sarde était « fortement appuyé par le prince Napoléon. Le lait est que les Tuileries et le Palais-Royal étaient le vrai théâtre de son activité pendant toute la durée du Congrès*. » Enfin, un autre auxiliaire se glissera de l'hôtel de Cavour au palais impérial où il a ses petites entrées, le docteur Gonneau, discret, sûr, influent, qui « a demandé et obtenu la faculté de servir d'intermédiaire enire Cavour et l'Empereur... disposé à recevoir et transmettre toute communication que (le premier) croira nécessaire de faire aux Tuileries^ ».

Tout donc sera mis en œuvre pour persuader, entraîner, conquérir Napoléon, tout, car « nous n'avons d'espoir que dans l'Empereur ^ ».

Et Cavour va filer deux négociations parallèles, l'une officielle, solennelle, au grand jour du quai d'Orsay; l'autre mystérieuse, dans l'ombre, d'autant plus efficace que l'adversaire ne peut que la soupçonner ; elles n'arriveront à se confondre qu'à la fin du Congrès, dans une séance mémorable ; jusqu'à ce jour il convient de les suivre séparément.

Le lundi 25 février, le Congrès tint sa séance d'ouverture, et le comte Walcwski, nommé Président conformément « à un usage consacré par les précédents », adressa quelques paroles de bienvenue à ses collègues « animés tous d'un égal esprit de conciliation, disposés à faire preuve d'une bienveillance mutuelle, en évitant les discussions irritantes * ». Quoi-

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