‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 22 sur 247 · M. de Lamartine à M. Bixio, 10 mai · texte numérisé non relu

M. de Lamartine à M. Bixio, 10 mai

36 GAVOUR

victoire : de nouvelles émeutes éclataient à Vienne, qui devenaient révolution et arrêtaient l'envoi de tous renforts à l'armée de Vérone ; les opérations militaires tournaient au mieux des Piémontais. Elles avaient été médiocres au début du mois : le 8, les soldats de Charles-Albert s'étaient avancés jusqu'à Santa Lucia, devant Vérone, mais s'y étaient heurtés à une rude résistance; «léger succès », disaient les optimistes, échec en réalité, car les assaillants avaient dû s'arrêter et sur certains points reculer ; au sud, le général Durando, de l'armée romaine, avait cessé toutes opérations sur les ordres de Pie IX et quand le général Pepe avait voulu, malgré les instructions de Ferdinand, attaquer les Autrichiens, il n'avait eu que 2.000 soldats pour le suivre ^, le reste préférant rentrer à Naples pour faire de la poh tique.

Mais, à ce moment, croyant les Piémontais absorbés par le siège de Peschiera et les Italiens du sud en proie au découragement, Radetzki essaya de couper les deux armées ; le 21, il attaqua les Toscans à Montanara et les écrasa par la force du nombre, mais quand le lendemain il se porta sur les Piémontais, il rencontra à Goïto une résistance opiniâtre ; la journée fut dure, sanglante ; les victimes du combat furent nombreuses, et parmi elle le neveu chéri de Cavour, Auguste '^ ; mais le soir, les Autrichiens étaient en retraite; surexcités par ce succès, les assiégeants de Peschiera firent merveille et le 30 mai ils entraient dans la forteresse ; la route de Vérone ne risquait plus d'être coupée.

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