Oldofredi a Minghelti. 16 avril
2. Cavour à Rattazzi. à Cibrario et à E. d'Azeglio. y avril 185fi.
de chercher à l'apaiser, l'effervescence populaire ». El comme « il n'y a pas de paix sans justice », nécessité de demander au roi de Naples une amnistie en faveur des condamnés politiques. Ainsi chaque despote eut son paquet. Puis, à propos des excès des journaux belges, il déclara que, représentant d'une nation où une presse libre est une des institutions fondamentales, il ne saurait s'associer à aucune mesure de coercition.
Les délégués russes et prussiens, qui s'amusaient intérieurement de ces coups de batte à l'Autriche, déclarèrent que leurs instructions n'avaient point prévu cette discussion. Les Turcs n'ouvraient la bouche. Restaient les deux intéressés, l'Autriche et le Piémont.
A la fin de ce Congrès où il avait prétendu jouer le rôle d'arbitre, M. de Buol s'asseyait sur la sellette des accusés ; changement douloureux et dont se ressentit son langage. Il répondit, sur un ton « cassant » qu'a relevé son lieutenant \ que les plénipotentiaires n'avaient pas reçu d'autre mission que de s'occuper du Levant et n'avaient pas été convoqués pour faire connaître à des souverains indépendants des vœux relatifs à l'organisation intérieure de leur pays ; s'il dit un mot des affaires de Grèce, des excès des journaux, « dans tous les Etats où la presse offre les mêmes dangers » (ceci pour le Piémont), des principes du droit maritime, il s'arrêta là, « ses instructions ne lui permettant pas de prendre part à une discussion qu'elles n'avaient pas prévue ».
Les débats étaient arrivés à un ton si furieux qu'il était habile pour le dernier opinant de leur rendre une forme diplomatique ; Cavour n'y manqua point, pensant, a-t-il écrit le lendemain, « qu'il faut être d'autant plus calme en paroles que