Hiibner, Neuf ans de souvenirs, t. 1, p. 41o
Gavoir. — II. 25
nous avons la ferme intention d'être, si l'occasion s'en présente, plus audacieux en faits ^ ». Pour correct, son exposé ne manqua pas d'audace : il commença par joindre ses protestations à celle de Glarendonen faveur de la liberté de la presse *, puis il s'attaqua directement (f à l'occupation des Etats romains par les troupes autrichiennes qui prend, dit-il, tous les jours davantage un caractère permanent » ; elle dure depuis sept ans, aucun indice ne permet de supposer sa fin dans un avenir plus ou moins lointain ; la situation du pays ne s'est pas améliorée, à preuve l'état de siège maintenu à Bologne dans toute sa rigueur. « La présence des troupes autrichiennes dans les Légations et dans le duché de Parme détruit l'équilibre politique en Italie, et constitue pour la Sardaigne un véritable danger. »
« Et l'occupation de Rome par les Français, objecta aimablement le second plénipotentiaire de l'Autriche ?, et la présence des troupes sardes à Monaco et Roquebrune, malgré le vœu de leur souverain ?.
— La Sardaigne, répliqua non moins suavement Cavour, est prête à retirer les cinquante hommes qui sont à Menton et à abandonner le Prince de Monaco à l'amour de ses sujets, pourvu qu'on ne la rende pas responsable du bain dans la mer qu'on pourrait bien lui faire subir. »
Et, pour détendre ses nerfs, la haute assemblée s'égaya aux détriments de la princesse de Valentinois, qui rôdait dans les salons, poursuivant les plénipotentiaires de ses récriminations.
Il fallait conclure ; le comte Walewski se félicita du débat et proposa de vagues formules, qui constataient l'accord des