‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 232 sur 247 · Cavour à Rattazzi, avril · texte numérisé non relu

Cavour à Rattazzi, avril

ministre sarde reprit, mais en l'adoucissant, le langage qu'il avait tenu à Clarendon ; le souverain fut bienveillant à son ordinaire, raconta qu'il s'était plaint à Buol d'être en perpétuelle contradiction avec François-Joseplv sur la question italienne, revint sur la question de Parme, reconnut que la situation demeurait tendue, — «j'ai lepressentimentquela paix actuelle ne durera pas toujours, » dit-iP, — et il recommanda à Cavour d'aller à Londres.

Avant de partir, Cavour voulut lancer à l'Autriche la flèche du Parthe sous forme d'un mémorandum résumant ses déceptions et ses rancunes. Il ignorait, semble-t-il. qu'au même moment la France, l'Angleterre et l'Autriche venaient de signer un traité secret garantissant le territoire ottoman, — et auquel le Piémont n'avait point participé". H communiqua le projet de sa note à Clarendon, car lui-même reconnaissait que « le langage de cette pièce peut paraître fort » ; et il eut l'agréable surprise de recevoir du ministre anglais « l'approbation la plus entière, soit de vive voix, soit par écrit dans une lettre confidentielle ■^ ». Enfin il le remit aux ministres de France et d'Angleterre sous la date du 16 avril Le mémorandum ne contient rien de très différent des précédentes notes ; mais il insiste sur le danger que l'action de la cour de Vienne constitue pour le Piémont, « cerné en quelque sorte de toutes parts par les Autrichiens, voyant se développer sur sa frontière orientale, complètement ouverte, les forces d'une puissance qu'il sait ne pas être animée de sentiments bien veillanls

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