Cavour à Casiclli, avril 1856; à Ratlazzi, 17 avril 18o
2. II ne fui officiellement révél6 qu'en mai par Clarendon au Parlement anf^lais, et Cavour ne parait l'avoir appris qu'à ce moment. Cavour rt E. d'Azcglio, Irt mai 1856.
3. Cavour à Joctcau (ministre à Borne), 14 mai; à E. d'Azeglio, 12 mai 18 i6. (À's lettres et le texte du mémorandum donnent évidemment beaucoup de force à la version de Cavour sur son entretien du 11 avec Clarendon.
à son égard ». Et il profère celte sourde menace, résumé sous une forme diplomatique des propos tenus à Clarcndon : « Menacé par l'extension de puissance de TAutriche, le gouvernement du roi de Sardaigne peut d'un moment à l'autre être forcé par une inévitable nécessité à adopter des mesures extrêmes dont il est impossible de calculer les conséquences ». Tels étaient les iiltima verba du Piémont au Congrès de la Paix.
L'Empereur, les diplomates anglais, ses amis personnels, avaient engagé Cavour à se rendre en Angleterre ; ce voyage, qui ne lui convenait guère, car il retardait son retour à Turin, devenait indispensable après la conversation du 11 avril avec Clarendon; il fallait vérifier si Palmerston et les autres ministres étaient d'accord avec le plénipotentiaire anglais. L'accueil fut aimable, de la reine qui Tinvita à dîner, « très gentille », et manifesta « la plus chaude sympathie pour les affaires d'Italie » ; du prince Albert, qui « fut non moins explicite » ; de nombreux hommes politiques qui tous, tories et whigs, « se déclarèrent favorables à notre cause * » ; mais l'entretien désiré avec Palmerston fut écourté par un deuil qui frappa subitement la famille de lady Palmerston : peut-être aussi le Premier ministre, informé par E. d'Azeglio sur l'ordre de Cavour des propos de Clarendon, se déroba-t-il à un interrogatoire trop serré pour se dégager personnellement des paroles courtes mais compromettantes de son collègue. En somme, le séjour à Londres ne donna point satisfaction au Président sarde ; certes, il y avait trouvé quelques alliés, notamment le vieux lord Lyndhurst qui mit tant de feu à défendre la cause italienne qu'il suscita le mois suivant par ses indiscrétions des ennuis au cabinet de Turin ;