‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 234 sur 247 · Cavour à Rattazzi, 20 et 24 avril <8S · texte numérisé non relu

Cavour à Rattazzi, 20 et 24 avril <8S

mais Cavour n'avait point rencontré auprès du gouvernement le ferme appui que Clarendon avait permis d'espérer ; l'accueil des ministres n'avait point été « glacé », comme il a été dit, mais d'une bienveillance courtoise, réservée, un peut lointaine. Bref, une désillusion.

Camille quitta Londres le 25 avril, passa une journée à Paris où il avait demandé audience à l'Empereur, et le 29 avril arrivait à Turin.

Au cours de ce long voyage, il put résumer ses impressions, peser les avantages obtenus et les déceptions éprouvées, réfléchir sur le parti qu'il était possible de tirer des événements. Il ne rentrait satisfait qu'à demi, ses nombreuses lettres en font foi. 11 eût voulu rapporter du Congrès quelque bénéfice tangible, un accroissement de son pays, une défaite de l'Autriche ; et de cela, point. Mais il n'était point homme à se décourager, parce qu'il n'avait pas obtenu tout ce qu'il espérait ; il entendait mettre en facettes ce qu'il avait taillé à Paris : « Si les résultats positifs, matériels du Congrès, écrivait-il le 13 avril, sont nuls, je ne crois néanmoins pas qu'on puisse dire qu'il a été stérile. C'est un grand fait que la France et l'Angleterre aient reconnu de manière explicite et ouverte que les conditions de l'Italie sont trës mauvaises et que l'intérêt européen réclame qu'elles soient améliorées, et que ce but ne peut être atteint sinon grâce à l'agrandissement du Piémont*. » Et c'est ce qu'il convenait de démontrer avec éclat, non point comme un diplomate déconfit, mais comme un triomphateur qui monte au Capitole. En wagon ou

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