‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 236 sur 247 · Le duc de Gramont èi M. Walewski, 8 avril · texte numérisé non relu

Le duc de Gramont èi M. Walewski, 8 avril

centre gauche, Buffa, qui n'avait pas été toujours son partisan mais s'était rallié au connubio, déclara sa joie « de revoir parmi nous Téminent Président du Conseil. Certainement, ni mes amis politiques, ni moi n'avons douté qu'il ferait pour le Piémont et pour l'Italie au Congrès de Paris tout ce qu'on pouvait attendre d'un homme de grand esprit et de grand cœur. » Puis il demanda quel jour il pourrait déposer une demande d'interpellation qui permît au Président du Conseil de faire les déclarations attendues avec « une forte anxiété ». On prit date pour le 6 mai.

En quelques jours, Cavour se remit au courant des affaires en cours : la politique extérieure primait tout ; avec une rare opportunité de maladresse, l'Autriche développait en Italie sa politique d'envahissement, s'installait entre le Pô et les Apennins à Pontremoli, Bardi, Campiano. « C'est se f. .. de nos deux grandes alliées », écrivait vertement Cavour \ La place du chef du gouvernement était au ministère des Affaires étrangères ; or, le titulaire du portefeuille, Cibrario, avait donné sa démission, au début d'avril, à la suite d'une verte algarade de son Président^ et il n'était resté au département que pour assurer la permanence ; on colora son départ, en parlant de la maladie de M""* Cibrario^ ; et le 5 mai, Cavour prit le ministère des Affaires étrangères tout en conservant les P'inances; un mois plus tard, le général La Marmora, revenu de Crimée, rentrait au ministère de la Guerre.

Le G mai 1856 est un grand jour dans les annales parlementaires du Piémont, de l'Italie, car il est le début d'une phas(! nouvelle, plus résolue et plus audacieuse, dans la poli-

1. Cavour à E. d'Azeglio, 12 avril 1856. La .Marmora à Dabormida, 3 mai. Degli Alberli, p. 374.

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