Rrofferio, Sloria dfl Parlamento subalpino, t. 1, p
les sujets les plus divers. Le 4 juillet, il prononçait son maiden speech, pour prendre l'expression de Westminster, sur un projet complémentaire de la loi d'union avec la Lombardie et comportant la loi électorale pour la future assemblée constituante ; peut-être intimidé, sans qu'il y parût, il fut plus nerveux qu'il ne le devait être ensuite. « Gavour a hier fait ses débuts en interpellant le ministère avec une grande véhémence, écrivait le marquis Costa. Il l'a accusé d'incapacité à propos de cette loi d'union qui nous occupe, et pas un ministre ne s'est levé pour lui répondre. Aussi le bon Camille est-il retourné triomphant à sa place. Le gaillard est d'une fameuse envergure. Il va prendre le haut de nos discussions parlementaires en attendant qu'il vienne siéger au banc des ministres, où il convoite une place qu'il n'attendra pas longtemps ^ » Il était lancé, et chaque semaine il interviendra : le 10 juillet par un rapport sur un projet concernant quelques moyens d'assurer la paix publique, et puis sur l'expulsion des Jésuites, la loi de finances, la question polonaise, etc.. Et il assiste à ce drame de la vie parlementaire, une crise ministérielle.
Le cabinet s'était disloqué lentement, divisé en lui-même, portant injustement le poids des fautes commises aux armées. Pendant les débats de la loi sur l'union avec la Lombardie, le 25 juin, il avait annoncé son départ, puis, à la prière du lieutenant général du royaume, accepté de rester jusqu'au moment où la question lombarde serait réglée^ ; mais, harcelé par le bouillant Brofïerio sur les opérations militaires, par l'habile Rattazzi sur l'administration provisoire de la Lom-
1. Marquis Costa, lettre du 5 juillet 1848. Costa de Beauregard, p. 268. Un autre adversaire, mais celui-ci de gauche, Brofferio, a écrit [loc. cit., p. 155) : « La harangue du comte Cavour fut écoutée avec nonchalance par la Chambre, et ne fut bien accueillie par aucun parti... Sur les bancs ■des ministres, on conservait un silence dédaigneux. »