M. de Reiset à M. Bastide, 23 juin
bardie et des duchés, mis en minorité, il annonça le 6 juillet sa retraite définitive. Comme il était de la plus grande « difficulté d'organiser un gouvernement qui pût être également et généralement populaire en Lombardie et en Piémont* », la crise se prolongea une vingtaine de jours. Cependant les événements marchaient.
Depuis la prise de Peschiera, six semaines s'étaient écoulées, sans marquer aucun progrès de l'armée piémontaise : après quelques jours de repos, un ou deux combats sans intérêt, Charles-Albert avait étendu ses troupes sur une longue ligne, allant de Rivoli, au nord-est de Vérone, à Mantoue, surveillant la première place, sans pouvoir l'investir, assiégeant la seconde : un front de 70 kilomètres pour 60.000 hommes"^. L'été était venu, terrible dans les plaines basses, avec ses après-midi torrides, les moustiques semeurs de fièvre, les brusques orages. Charles- Albert, taciturne, fermé, hésitait, donnait un jour un ordre qu'il reprenait le lendemain.
Il devenait certain que jamais les alliés italiens ne se tireraient seuls de cette aventure ; alors les regards se tournèrent vers la France, protectrice des peuples opprimés. Les journées de juin avaient produit une vive émotion à Turin, la victoire du gouvernement une grande satisfaction : on avait redouté que la République sociale ne tentât en Italie une propagande facilement accueillie dans les milieux inquiets do Milan et de Gènes; la République du général Cavaignac paraissait moins dangereuse ; on ne voulait recourir à l'armée