‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 33 sur 247 · Comte de Reisel. Souvenirs, I, p. 46 et suiv · texte numérisé non relu

Comte de Reisel. Souvenirs, I, p. 46 et suiv

Milan n'est qu'à trente kilomètres du Tessin, irontière de la Lombardie, et la distance jusqu'à Turin n'est pas plus longue que celle déjà franchie de Vérone en dix jours par l'ennemi : la capitale du Piémont était directement menacée ; l'épouvante y régnait, plusieurs émeutes y éclatèrent, « qui furent le prétexte de mesures dictatoriales et de restrictions à la liberté de la presse » et au stationnement sur la voie publique*. L'appel à la France se fit plus angoissant, tel le cri d'un blessé vers son frère qui le peut relever.

M. Ricci était arrivé à Paris le 2 août au soir, il avait vu le lendemain le général Cavaignac et M. Bastide^ ; malgré les instances de l'envoyé piémontais rien ne fut décidé; le 4, le ministre du quai d'Orsay télégraphia à Turin : « Le gouvernement de la République accordera l'intervention lorsqu'elle lui sera demandée sans aucune vue d'ambition ni de conquête et à des conditions parfaitement acceptables* ». Le 6, M. Ricci adressait au nom de son gouvernement cette demande officielle, que le marquis de Brignole, ambassadeur du Piémont, renouvelait le 7 * . Mais l'entente ne se fit point, soit que le général Cavaignac eût déclaré dès le début des négociations que « ne convenait point à la France la formation d'un puissant royaume constitutionnel dans le nord de l'Italie, parce que ce nouvel Etat serait bientôt allié à l'Autriche contre la France* », soit que les prétentions de M. Ricci, — envoi d'une armée de cinquante mille hommes entretenus aux frais de la France, mais sous le commandement

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