Gavour à E. de La Rue, 23 août
2. Le général Perron au marquis de Brignole, ministre sarde à Paris, 21 août 1848.
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la banquet En même temps, l'armée était réorganisée, les forteresses mises en état de défense, les approvisionnements reconstitués. Et, comme on était fixé sur la valeur tactique de Charles-Albert ainsi que des généraux piémontais, La Marmora partait à Paris pour décider un grand soldat, Bugeaud si possible, à prendre la direction des troupes italiennes, pour mettre ainsi t\ leur tête un chef dont la science stratégique égalât leur vaillance.
Toutes les espérances se tournaient alors vers la France, avec quelque impatience et quelque étonnement de ne la voir point répondre immédiatement à l'appel des frères italiens. On ne se rendait point à Turin un compte exact des difficultés où se trouvait le gouvernement français ; la République était mal affermie, combattue par ses adversaires soit de droite, orléanistes ou légitimistes, soit ceux de gauche, qui avaient fomenté l'insurrection de juin, par ailleurs suspecte aux grandes monarchies qui redoutaient sa propagande; les hommes au pouvoir étaient nouveaux, sans compétence diplomatique, amis de l'Italie, certes, mais plus encore de la France. De là, leurs hésitations, leurs contradictions, — le général Cavaignac parlant avec une rude franchise aux diplomates italiens alors que le ministre des Affaires étrangères, M. Bastide, télégraphiait en chiffres à M. de Bois le Comte : « Nous sommes dès à présent préparés à la guerre, mais nos dispositions seront plus sûres encore si nous parvenons h éloigner le fléau jusqu'au printemps prochain'. » Une éventualité était encore à prévoir en France, l'élection du chef de l'Etat, qui pouvait tout remettre en question. Et un ministre sage ne pouvait allrr au delà de cette pai'ole : « Si le Piémont veut faire la
1. Arlicli's (le Cavour dans le Risorr/imenlo dos 13, 16, 18, 23 et 29 septembre 18i8.