M. Baslidc à M. de Bois le Comte, 6 septembre
guerre, qu'il la fasse et qu'il paie la peine de sa folie. Si on l'attaque, nous le défendrons '. »
L'Angleterre serait-elle mieux disposée ? Cavour le croyait, et le disait si net que ses adversaires politiques raillaient le « ministère Abcrcromby, Cavour, Revel * », mais lord Palmerston, dans une toute autre situation pourtant que son collègue du quai d'Orsay, n'avait point d'autre politique que lui.
L'Autriche avait accepté, le 5 septembre, la médiation anglo-française, mais en l'entourant de telles réticences qu'elles dissimulaient mal son intention de gagner du temps : sa mauvaise foi éclate aujourd'hui que sont connus les documents essentiels'. Les incidents se multipliaient, sur la présence de la flotte sarde dans l'Adriatique, sur la restitution de l'artillerie lourde des Piémontais. L'armistice, qui venait à expiration le 20 septembre, était prorogé par tacite reconduction, mais toujours dénonçable huit jours à l'avance*. Un congrès fédératif, réunissant à Turin au début d'octobre les délégués des différents Etats de l'Italie, ne pouvait que prévoir la prochaine reprise des hostilités ; et Cavour lui-même, écrivait confidentiellement : « Si l'Angleterre ne s'oppose pas à l'intervention française, je désire la guerre, comme le meilleur, je ne dis pas le seul moyen, de rétablir l'ordre à l'intérieur *. »
A la fin de septembre, le ministre de France avait un long entretien « avec le propriétaire du Risorgimento, seul journal