‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 4 sur 247 · M. d'André à M. de Lamartine, 17 mars · texte numérisé non relu

M. d'André à M. de Lamartine, 17 mars

guère m'enlcndre avec lui' ». On l'a dit, les voies des deux hommes avaient divergé dès la fin de décembre, la différence s'aggravait chaque jour, Balbo trop prudent et mesuré pour approuver ces déclarations de Cavour : « Je ne crains les idées ni de république ni de démocratie" », et pour accepter l'action hardie que Cavour eût voulu diriger contre l'Autriche. Mais, vaille que vaille, c'était un ministère d'opinion nationale : il était grand temps qu'il se constituât.

A ce moment, la révolution éclatait à Milan et à Venise : depuis des mois, les deux villes captives avaient subi le choc (les événements qui s'étaient succédé en Italie ; elles vivaient dans une émotion nerveuse, sans cesse surexcitée, qui avait produit à Milan les émeutes de janvier ; la révolution française vint précipiter le mouvement et pendant quelques jours on vécut dans l'attente, comme dans ce grand silence qui précède un orage. En réalité, chaque parti se préparait à la lutte : Radetzki en accroissant et exerçant ses troupes, les patriotes en réunissant leurs armes, préparant leurs munitions et combinant leurs efforts. Le coup décisif, qui détermina la révolte, provint d'une nouvelle aussi extraordinaire qu'inattendue, l'insurrection de Vienne avec la retraite de Metternich et les concessions de l'empereur^. L'effet lut immédiat à Milan. En vain, pour sauver l'occupation autrichienne, le gouvernement promit-il un régime constitutionnel ; les barricades surgirent

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