‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 5 sur 247 · Cavour à Emile de La Riie, 9 mars 1S · texte numérisé non relu

Cavour à Emile de La Riie, 9 mars 1S

2. Article de Cavour dans le Risorgimento du 6 mars 1848. « J'espère que nous parviendrons... à constituer un prand Ktat monarchique républicain », écrivail-il dans le môme esprit le i8 mars au U' Cerise.

3. Sur les cinq journées de Milan : C. Catlaneo. L'insunezione di Milano net 184ft e la successiva guerra {rd. Macaggi, l'.l21); Bcrsezio, // regno di Vitlorio-Emanuele II {i* éd.), t. 111. p. 398 et suiv ; Oriani, La loUu polilica in Ilalia, p. 417 cl suiv. ; Halo Raulich, Storia del Risorgimento politico d Italia, t. IH, p. 'ATù et suiv.; Alessandro Luzio, Le cinque Giornale di Milano nellc narrazioni di fonte austriaca (Rome, 1899J et les sources indiquées en notes ou appendices.

du sol, et, cinq jours durant, les rues de la ville furent le siège d'un combat aussi sanglant qu'acharné ; le 20, Radetzki proposa un armistice qui fut refusé; le 21, les Autrichiens étaient obligés d'abandonner le centre de la ville pour se réfugier dans le château et sur les remparts ; mais, encouragé par ce succès, le peuple, d'un effort suprême, jeta les soldats tedeschi hors de la Porte Tosa, et dans la nuit du 22 au 23 mars le canon du château qui tonnait depuis cinq jours s'arrêta brusquement : les Autrichiens étaient en retraite, Milan libre.

A ces nouvelles, Venise se révolta à son tour; Manin, qui ressuscita pendant quelques mois l'âme fière et forte des vieux podestats, s'empara de l'arsenal d'abord, du pouvoir ensuite ^ ; successivement le gouverneur civil, Pallfy, remit ses pouvoirs au commandant militaire Zichy, qui les transmit à la municipalité en annonçant le départ des troupes autrichiennes ; et le 22 mars la République était proclamée sur la place Saint- Marc. Naturellement les autres villes de Vénétie, Trévise, Padouc, Udine, chassèrent les « pantalons blancs », qui à décamper, ne mirent point d'ailleurs trop mauvaise grâce. En cinq jours, la puissance des Habsbourg semblait effondrée en Italie, comme un colosse aux pieds d'argile : mais Radetzki tenait son armée dans le « quadrilatère » formé entre le Mincio etl'Adigc par les places de Mantoue, Peschiera, Vérone et Legnano.

Turin était enfièvre, passant par des alternatives d'angoisse et d'enthousiasme : les relations étroites des trois provinces situées dans la plaine du Pô, la communauté d'intérêts commerciaux et d'espérances patriotiques, tout rendait le Piémont

1. A. Pascolato, Manin e Venezia. nel iS^S-iS-'iO, p. 13 et suiv. ; Raulich, loc. cit., p. 39b et suiv.: Vinccnzo Marchés!, Storia documenlala délia Rivoluzione e délia Defesa di Venezia negli anni 1S-'iS-A9 (Venise, 1916), p. 116 et suiv.

solidaire des révolutions de Lombardie et Vénétie, et appelait sa monarchie à la direction du mouvement unitaire dans l'Italie septentrionale; dès le 19, un envoyé du gouvernement révolutionnaire de Milan était arrivé à Turin pour demander le secours de Charles-Albert, et bien que le parti républicain de la Lombardie se méfiât des ambitions du monarque, dans l'amgoisse il ne pouvait que renouveler chaque jour son appel.

Le peuple sarde était tout acquis à une intervention en faveur des insurgés ; il accompagnait de ses vœux les Lombards qui allaient prendre part aux combats ; il se pressait sur les carrefours où se criaient les dernières nouvelles, il applaudissait aux enrôlements qui se faisaient nombreux dans les corps francs, assez rares dans l'armée régulière où était exigé un engagement de trois ans^; à Turin, les étudiants réclamaient des armes et, à Gênes, la garde nationale s'organisait fortement. Le cabinet, à peine constitué, hésitait à prendre la résolution d'intervenir en Lombardie, et par là môme de déclarer la guerre à l'Autriche ; les conseils de ministres se succédaient; on y envisageait le retour à la proposition de ligue italienne, à laquelle môme le Bourbon de Naples se montrait maintenant favorable, et qui pouvait ôtre d'une aide efficace au Piémont si la guerre éclatait, si 1' « aigle savoyard prenait son vol sur la plaine de Lombardie" ».

Le gouvernement ne se décida, d'abord, qu'à des demimesures : glissement de troupes vers la frontière lombarde, organisation de trois camps à sa proximité où seraient cantonnés et exercés les jeunes soldats, amnistie générale pour les crimes el délits politiques. Mais l'opinion publique espérait, exigeait plus el mieux ; déjà on murmurait contre l'inaction ministérielle, et les chefs du mouvement patriotique,

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