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Cavour à E. de La Rue, 7 septembre

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constitutionnel et indépendant de ce pays, qui depuis quelques jours publiait des articles belliqueux ». Et Cavour disait ; « Que voulez-vous que nous fassions? Notre situation n'est pas tenable; ce n'est ni la paix ni la guerre ; on nous en a fait espérer le dénouement il y a six semaines, et nous ne sommes pas plus avancés qu'auparavant, nous ne savons ce que nous deviendrons; voulez-vous nous conseiller la patience quand tout le monde autour de nous crie à la trahison ? On nous reprochera d'endormir le pays et nous serons entraînés parle torrent ; autant vaut-il chercher à le diriger... Il n'y a plus d'autre question politique que celle de la paix ou de la guerre... Nous avons combattu Gioberti les premiers; nous sommes restés seuls à le combattre comme anarchiste. Mais aujourd'hui l'anarchie n'est plus qu'un mot vide de sens. Il n'y a plus qu'un mot qui ait une valeur, c'est l'indépendance nationale'. »

Bientôt, l'ouverture de la session parlementaire allait apporter au gouvernement sarde de nouvelles difficultés; mais des révolutions dans l'empire austro-hongrois jetaient au loin une lueur d'espérance.

Des élections partielles avaient eu lieu au commencement d'octobre, et, — quoique Cavour s'efforçât de démontrer que leur résultat était « hautement honorable^ », à un collège près — , en réalité elles avaient été favorables au parti avancé, dont le candidat, M. Radice, avait battu à Turin le ministre des Finances, M. do Revel. A la veille de leur rentrée, les partis à la Chambre pouvaient se classer en deux camps : à gauche, l'opposition, sous l'inspiration de Gioberti, divisée

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