Rosi, Sloria contemporanea d'italia, p
Le cabinet, présidé par l'abbé, comprenait quelques-uns des principaux démocrates, Bufîa, Sineo, Rattazzi, Ricci; le journal La Concordia devenait son organe officieux et le Risorgimento passait à l'opposition. Cavour engagea de suite la lutte contre le ministère ; il avait, depuis plusieurs semaines, annoncé qu' « on ne pourrait gouverner tant que cet homme (Gioberti) ne serait pas démonétisé », que « ce ne serait bientôt qu'une idole brisée. On s'apercevrait alors qu'elle n'était composée que de faux métaux, n'ayant aucune valeur réelle*. » Or, il advint que les démocrates non appelés personnellement au pouvoir, BrofTerio, Yalerio, trouvèrent que les choses n'allaient pas bien sans eux et engagèrent dans le Messager une lutte discrète mais tenace contre les élus du pouvoir. Le cabinet faisait ce qu'il pouvait pour les contenter : il avait pris pour ministre de la Guerre le général Sonnaz, le gouverneur de Gênes révoqué de ses fonctions pour trop de mollesse ; il envoyait à Gênes en qualité de commissaire le ministre Buffa, qui en don de joyeux avènement promettait la réunion d'une constituante et « ordonnait que les troupes quittassent la ville ». Mais BrotTerio attaquait, déclarait que « les anciens ministres étaient d'honnêtes gens, ils n'accordaient pas beaucoup, mais ils n'avaient rien promis ; ceux-ci ont tout promis, mais ils n'accordent rien ». Gioberti répliquait ou faisait répliquer qu'il n'y avait point de salut possible sans ordre et entente ; il donnait au ministre de France des affirmations très rassurantes sur son action politique. « Je ne veux rien faire, disait-il, qui puisse inspirer au parti conservateur des craintes pour la royauté. J'espère qu'il ne me sera pas trop hostile. Je crois la guerre nécessaire, mais je ne la ferai que quand l'état de l'armée m'aura donné