‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 46 sur 247 · Cavoiir à K. fl'^ I-a Riip, iK ortobre, 8 décembre · texte numérisé non relu

Cavoiir à K. fl'^ I-a Riip, iK ortobre, 8 décembre

l'assurance qu'elle est possible. Je ne repousse pas la médiation, je la laisse produire son effet ^ » C'était la politique même de son prédécesseur qui ne le combattait point d'ailleurs et engageait ses amis à lui accorder deux douzièmes provisoires. Et dès le l"" janvier, Cavour écrivait : « Gioberti fait entendre de temps à autre des paroles de modération et manifeste des dispositions répressives- ».

La situation empirait chaque jour : l'armée, irritée de la proclamation de Buffa et de quelques autres manifestations, exhalait son mécontentement plus fortement qu'il n'eût fallu ; la Savoie s'agitait, réclamant un régime autonomiste ; Rome allait vers la révolution ; déjà Gioberti, fds soumis du Saint- Siège, pensait à une intervention du Piémont en faveur de Pie IX ; la Toscane vibrait ; Louis Bonaparte, élu Président de la République, se disait très favorable à l'Italie, mais il remplaçait au quai d'Orsay M. Bastide, un ami du Piémont, par M. Drouyn de Lhuj^s, conservateur, peu favorable à l'unité italienne. La monarchie autrichienne se raffermissait.

En cette pénible occurrence, le ministère crut nécessaire de prendre l'avis des électeurs, ce qui n'avait rien que de naturel, la Chambre ayant été nommée, neuf mois auparavant, dans des circonstances bien différentes; le 30 décembre, il prononça la dissolution de la Chambre et le ministre de l'Intérieur, Sineo, se mit en mesure d'obtenir de « bonnes élections ».

Cavour se sentait fort attaqué : il avait pris, dès son arrivée à la Chambre, une position très nette, très personnelle, peutêtre débutant « un peu fort », sans craindre de se compromettre, ni de risquer son siège. « Je n'ai pas visé à obtenir

1. M. de Bois le Comte au ministre des Affaires étrangères. Reiset, loc. cit , p. 253.

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