Massari, // Conle cli Cavour, p
2. Costa de Bcaurcgard, Les dernières années de Cfiarles-Aibvrl, p. 4:i9.
ENTRE DEUX GUERRKS (1848-1849) 81
Le 15 février, le chef des gauches, Brofîerio interpella sur la politique du cabinet, opposant le Gioberti de 1848 au Gioberti premier ministre, et son lieutenant Valerio, tout net, demanda la mise en accusation du ministère pour avoir fermé le cercle de Gônes en violation de la constitution. L'heure était prématurée, Gioberti conserva la majorité, le peuple l'acclama'. Dix jours après, il s'effondrait.
En Toscane, les luttes politiques étaient telles que le grandduc, qui n'avait rien de combatif, abandonna Florence d'abord, le pays ensuite, déclarant à ses « bons Toscans » qu'il les avait quittés pour n'avoir point à consentir des lois impies. Le Parlement se fâcha, prononça la déchéance de Léopold, constitua un triumvirat". Déjà on prévoyait l'intervention de Radetzki et des soldats autrichiens. Gioberti voulut couper au péril étranger, et proposa son appui au grand-duc qui s'empressa de l'accepter. Gioberti envoya La Marmora en estafette •' et prépara avec le successeur de celui-ci au ministère de la guerre, Chiodo, un corps expéditionnaire.
Mais brusquement tous ses collègues l'abandonnèrent ; ils ne voulaient point que le Piémont intervînt en Toscane pour rétablir Léopold sur son trône ; quelques-uns pensaient que l'Autriche envahirait le grand-duché et justifierait ainsi l'entrée du Piémont en campagne ; bref, tous parlèrent de leur retraite. Le roi, qui n'était pas en confiance avec son premier ministre, redoutant sa politique, lorsqu'il le vit isolé, l'abandonna*. Il ne restait à Gioberti qu'à donner sa démission, qui fut acceptée après quelques protestations de regret. « Je