‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 6 sur 247 · Raulich, Risorgimenlo, Ht · texte numérisé non relu

Raulich, Risorgimenlo, Ht

le marquis d'Azeglio, le colonel Durando, Brofferio, se rendaient avec des délégations d'engagés volontaires auprès de Balbo, pour lui signifier « la volonté du peuple de courir promptement en armes au secours de la Lombardie^ ». Le président du Conseil tenait des discours prudents et mesurés, interdisait aux corps volontaires de franchir la frontière, regardait au loin, à Rome, à Paris, à Londres.

Mais le mouvement s'aggravait en Italie ; dans les duchés, à Modène, Parme, Plaisance, une révolte éclatait à l'instar de Milan, qui libérait ces villes du joug autrichien ; la fuite des princes terminait le combat ; dans les Romagnes, se constituaient des régiments francs prêts à intervenir en faveur de Venise ; à Rome, le pape, qui venait d'octroyer une constitution à tendances libérales, était poussé doucement mais fermement à lancer un appel au peuple italien; à Florence, le grandduc était prêt à tout ce qu'on voulait. Et à Gênes, à Turin, dans tout le Piémont, la colère s'exhalait contre l'irrésolution ministérielle, dans les journaux, dans les rues, jusque devant le Palais du roi.

La conviction de Charles-Albert était dès lors faite, et sa résolution prise. Au noble patriote lombard, Casati, qui le poussait à l'action, il avait répondu, plusieurs jours auparavant, par des paroles bienveillantes, mais réservées encore. Le 19 mars, pendant même les journées de Milan, il avait reçu un délégué des insurgés, d'Adda^, appelant à l'aide, comme un cadet implore le secours d'un frère aîné. D'autres avaient suivi, qui entraînèrent le roi ; le 22 mars, il se joignit dans son Conseil aux deux ministres génois pour réclamer une action forte.

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