Rattazzi à la Chambre des députés, 14 mars
de 120 millions de francs, son dévouements la cause italienne, — que les esprits rassis traitaient « d'illusion » ou « d'anachronisme ' » . Et ces sacrifices ne lui avaient point procuré la paix. Depuis sept mois, elle vivait dans un état d'énervement tel qu'elle ne voyait d'autre voie pour en sortir que la guerre, et la guerre dans des conditions bien plus défavorables qu'en
De ceux qui la voulaient, Charles-Albert était le premier. Le roi était dans une situation difficile ; il avait régné pendant quinze ans avec les ultras, et depuis les grandes réformes, depuis l'octroi du statut, se sentait avec eux en « état de défiance réciproque » ; le parti conservateur modéré, celui desBalbo, Cavour, Azeglio, avait éprouvé un cruel échec aux élections de janvier 1849 ; le souverain s'était donc rapproché du parti radical, qui était monarchiste et pouvait sauver la couronne du péril républicain ; or, ce parti d'extrême gauche voulait catégoriquement la guerre, et en accord avec les nouvelles républiques du centre de l'Italie, la Toscane, Rome; do là, la chute de Gioberti qui prétendait intervenir à Florence en faveur du grand-duc ; de là, le désir du roi de reprendre les hostilités avec l'Autriche'^; sans grand espoir d'ailleurs, — il était trop intelligent pour ne point voir la situation telle qu'elle était, désastreuse ; mais trop fataliste pour réagir ou préparer activement le combat, car, au dire de ses intimes, « l'indécision et la paresse dominaient toutes ses déterminations » ' ; si, par hasard, la fortune lui était favorable, il redeviendrait le Roi; lournàt-clle contre lui, il passerait la main, se sacrifiant