‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 55 sur 247 · Cavour à E. de La Rue, 8 et 9 mars · texte numérisé non relu

Cavour à E. de La Rue, 8 et 9 mars

ception de Gênes, très belliqueuse, il ne marquait aucun enthousiasme pour la reprise des hostilités; un emprunt, lancé à ce moment, avait peu donné ; les engagements volontaires étaient rares; Turin, très entiché de Gioberti, avait manifesté avec violence son dépit de la chute du grand homme; la Savoie était froide, obéissante d'ailleurs et prête adonner ses enfants, mais plusieurs de ses députés avaient rédigé un mémoire exposant les griefs delà province; « repousser ces vœux serait hâter peut-être une rupture complète et violente avec le reste des Etats* ». Les campagnes, chargées d'impôts, épuisées des pertes de 1848, ne voulaient certes pas la guerre, mais l'acceptaient avec résignation, car, suivant les nobles paroles d'Azegho, « ceux qui feront la besogne, ce seront nos pauvres paysans, nos pauvres soldats qui, sachant parfaitement combien la lutte sera rude et disproportionnée, abandonnent leurs iemmes et leurs enfants sans un murmure, parce que c'est leur devoir et que le roi y va ».

Comment se faire illusion sur l'issue du combat? En 1848, l'Autriche, empêtrée dans ses révolutions intérieures, s'était trouvée en présence de soldats venus de toutes les parties de l'Italie, prise à la poitrine par les Lombards, à dos par les Vénitiens, de flanc par les Romains, les Toscans et les Napolitains, de face par les Piémontais, et elle avait pu vaincre les derniers après avoir arrêté ou maté les premiers. En 1849, Vienne était domptée, la Hongrie attaquée de revers par les Russes, Milan écrasé, Venise encerclée; le gouvernement de Turin avait envoyé Valerio à Florence et Rome" pour obtenir l'intervention des Italiens du centre sur la ligne du Pô, mais

1. Archives des Affaires étrangères. Corresp. Sardaigne, t. CCCXXIll, 1" 279 et suiv. En mai, un nouveau journal. Le Paysan, se fondait à Albertville qui se donnait pour mission de poursuivre la réunion avec la France. Le Préfet de l'Isère au ministre de l'Intérieur. 12 mai 1849.

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