M. de Bois le Comte à M. Drouyn do Lhuys, 3 avril
4. Costa de Beauregard, Dernières années du roi Charles-Albert, p. 4 il.
5. Texte dans Vimcrcati, Histoire de l'Italie en 1S48-49, p. 407 et suiv.
vait donner la raison véritable, qui était d'affranchir l'Italie du joug étranger et de préparer l'unité nationale.
Le i2 mars, àmidi, le colonel sarde R. Cadorna' se présenta au palais du gouvernement à Milan et demanda le maréchal Radetzki ; le vieux soldat le reçut de suite, et prit la lettre du gouvernement sarde qui lui notifiait la rupture de l'armistice; le maréchal n'en commença point la lecture devant l'officier, qui revint dix minutes après, sous quelque prétexte, pour rapporter l'impression faite par la dénonciation : le grognard était tout joyeux, d'une satisfaction presque exagérée; il pria le colonel à dîner et sur le refus de celui-ci, en prit cordialement congé; puis il donna ses ordres à son chef d'étatmajor; tout était prêt. A Turin, la nouvelle circula dès le soir. Le 14, le ministre de l'Intérieur, Rattazzi, très pâle, très ému^, monta à la tribune de la Chambre et annonça que « le jour de la revanche est enfin arrivé... Il y a quelques jours seulement, vous avez exprimé les vœux de la nation : le gouvernement les a accueiUis. Nous ne nous sommes pas dissimulés les dangers de la lutte... Mais placés entre les dangers de la guerre et la honte de ne pas tenter d'assurer notre indépendance, nous ne devions pas hésiter. » Des applaudissements, des cris de « Vive Charles- Albert », accueillirent ces fières paroles. Au Sénat, l'accueil fut plus froid.
Le môme jour, le Risorgimento publiait en tête de son numéro, cette note, due évidemment à Cavour : « Au moment de la dénonciation de l'armistice, du départ du Roi, de la concentration de notre armée pour le jour imminent de la reprise, la direction du journal... croit devoir affirmer que toute sa pensée, toute sa force seront invariablement dirigées vers le
i. Luigi Cadorna, Ilgenerale Raffaele Cadoma nel Risorgimento italiano, p. 33.