‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 58 sur 247 · M"« Rattazzi, Rattazzi et son temps, \. I, p · texte numérisé non relu

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triomphe de cette cause qui comporte l'honneur, la liberté et l'indépendance de l'Italie. » Pour Cavour, pour le Risorgimento, pour tous les Piémonlais, c'était pour Yltalie que le petit royaume partait en guerre. Et dans l'enthousiasme de ce grand jour, Camille écrivait à un ami, officier français au service de l'armée sarde : « Mes vœux vous accompagnent. Je vous supplie de m'écrire de Milan, lorsque vous aurez achevé votre entrée triomphale*. »

La désillusion vint vite ; la campagne fut la plus courte de toutes les guerres du siècle, trois jours, plus brève encore que le choc de Sadowa.

Charles-Albert était parti dans la nuit du 13 au 14 mars, départ précipité, furtif, fiévreux; à l'instant desderniersadicux, la reine aurait demandé : « Quando ci ricevedremo, Carlo ? — Forse mai », répondit le roi^ 11 fixa son grand quartier à Novare.

Au sud de Novare, s'étend au loin une plaine basse et fertile, plantée de rizières, de champs de maïs et de pâturages que bordent les longues lignes des mûriers et que coupent d'antiques canaux d'irrigation; au Sud, elle est fermée par le Pu, large et lent, à l'est par le Tcssin, plus étroit mais plus rapide. Les ponts sont rares ; il n'en était alors que deux sur le Tessin, l'un î\ une vingtaine de kilomètres de Novare, près de Bufîalora, l'autre plus au sud, à la hauteur de Pavie; le morcellement du fleuve en bras larges connue des ruisseaux rendait en outre guéables un ou deux endroits. L'Etat-major sarde était dans l'ignorance totale des mouvements et des emplacements de ses adversaires; le roi écrivait à son ministre

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