M. Drouyii de Lhuys à M. de Bois le Comte, 26 avril
cère, une ferme décision de reconstituer le Piémont sur des idées pratiques » ; on n'attendait pas grand secours de l'Angleterre, mais on avait un ferme espoir de l'aide française.
En ces premiers mois de l'année 1849, Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République, instaurait sa politique volontairement obscure et confuse, paraissant faite de contradictions et d'imprévu, en réalité tendant à un même dessein, qui était de présenter la France comme la seule puissance de conservation sociale et religieuse et d'opposer au bouillonnement de la République la forte autorité du régime à venir; il aimait les Italiens et n'avait point oublié qu'en 1831 il avait combattu en personne pour leur libération^; volontiers fût-il intervenu en faveur du Piémont et pour obtenir en sa faveur des conditions moins dures que ne prétendait lui en imposer Radetzki". Mais le ministre des Affaires Étrangères, M Drouyn de Lhuys, prudent, avisé, connaissant l'Europe, redoutant les secousses révolutionnaires, désirait éviter une action forte et d'où pût résulter la guerre ; au lendemain de Novare, il reprit l'idée que Gioberti avait eue six semaines auparavant, d'intervenir dans l'Italie centrale avant que l'Autriche y intervînt elle-môme; le prince-président accepta ses suggestions et le cabinet demanda à l'Assemblée les crédits nécessaires pour organiser le Corps expéditionnaire de la Méditerranée ; de vrai, l'expédition reposait sur une équivocjuc, les uns la demandaient pour rétablir le Pape dans ses Etals, les autres la volaient pour garantir la