‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 76 sur 247 · Bourgeois et Clernionl, Rome et Napoléon III, p · texte numérisé non relu

Bourgeois et Clernionl, Rome et Napoléon III, p

2. Mn/.ziolli, Il pin r/randi' henefntlore d plillalia : Napoleone III. dans la Nuova Aniolof/ia du i" mai VJ2i. <;<'Ue Uov ne a publié, dans ses numéros des itJ juillet Vii.i el 1" mai 1924, l'inlroduolion ot le dernier rhapilre d'un important ouvrng'' «P"' ^' Ma/./iulli piihlloni prochainctiicnf, sur NapiiU'on il! «•: ili.tiic.

liberté du peuple romaine M. Drouyn de Lhu^'s n'était point adversaire de l'Autriche; il déclarait dans sa correspondance que les maladresses du Piémont « mettaient le gouvernement autrichien hors des gonds », et peut-être ses affections allaient- elles plus à Vienne qu'à Turin ; mais il était Français, bon Français, et ne pouvait accepter une Italie à la merci de l'Autriche. Une intervention anodine, par vaincs paroles, lui semblait « puérile et impolitique », de nature à irriter l'Autriche sans la contraindre. Il eût voulu mieux et plus; M. de Bois le Comte avait suggéré que la France occupât Gênes, pour notifier par là même à l'Autriche son entrée dans les affaires italiennes et il se croyait sûr de l'adhésion du gouvernement sarde ; ce projet convenait à M. Drouyn de Lhuys"; il en parla à M. de Gallina dès son arrivée, s'étonna que le diplomate n'en sût rien, pressa Bois le Comte de se renseigner : celui-ci sonda le roi, qui se montra « très froid et très peu communicatif » ; le ministre de Launay proposa de remplacer la descente des Français à Gênes par la simple occupation de quelques forteresses des Alpes; c'était une dérobade ; les diplomates s'étaient engagés, avant de connaître la volonté du roi : Victor-Emmanuel n'acceptait nulles troupes étrangères à Gènes, ni autrichiennes, ni françaises.

A ce moment un grave incident se produisait qui mettait brutalement en lumière tous les périls et toutes les contradictions de l'expédition de Rome : le 30 avril, le général Oudinot, commandant le corps expéditionnaire, fit avancer ses troupes

1. Bourgeois et Clermont, Home el Napoléon IIJ, p. 15 et suiv. ; d'Harcourt, Les Quatre tninislères de M. Drouyn de Lkuys, p. 23 ; P. de la Gorce, Histoire de la seconde République, t. II. p. 88.

2. M. Drouyn de Lhuys à M. de Bois le Comte, 25, 26 et 30 avril ; M. de Bois le Comte i\ M. Drouyn de Lhuys, 24 avril, o et 6 mai 184'J. Archives des Araires étrangères.

en plusieurs colonnes sur la Ville ; contrairement à son attente, les soldats français furent accueillis à coups de fusils et repoussés dans toutes leurs attaques ; le soir, le général les retirait sur Civita-Vecchia. L'effet fut immédiat dans toute l'Italie, en Piémont spécialement. « Le sentiment italien, écrivait le ministre de France le 6 mai, se retrouve dans tout ce qui peut exalter l'amour-propre national, et dans cette circonstance il s'augmente de tous les reproches qu'on nous fait d'abandonner la cause que nous avions promis de défendre. » Il ne pouvait plus être question de l'occupation de Gênes ou des forts, l'appui même de la France semblait douteux au Piémont, les négociations avec l'Autriche devenaient plus difficiles encore.

En un mois, Victor-Emmanuel avait expérimenté et jugé son premier ministre et son cabinet entier^ : le général de Launay n'avait aucune ampleur et ses collègues étaient d'une mollesse qui méritait au ministre de l'Intérieur Pinelli, le joli surnom de don Molea (mie de pain) '. Les circonstances étaient trop fortes pour des hommes aussi médiocres et le roi n'était entouré que d'honnêtes incapacités. 11 devenait indispensable de faire appel à un homme énergique, représentant par son passé et son caractère une force nationale ; vers le 20 avril, Victor-Emmanuel manda Massimo d'Azeglio.

Parmi les hommes du Rùorgimento, nul n'est plus s^'^mpathique; tout on lui attirait, l'abord élégant et le regard plein de flamme, l;ii parole entliousiaste et le caractère généreux ; artiste de race, peintre, poète, polémiste vigoureux, il s'était épris de l'idée italienne et lancé dans le combat avec l'ardeur d'unes î\\\\v fièic, prêt<î à tous l<>s sacrifices ; aucune

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