‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 8 sur 247 · M. Bixio à M. de Lamartine, 29 mars · texte numérisé non relu

M. Bixio à M. de Lamartine, 29 mars

laissait point leurrer et partait à grand fracas, suivi du russe, non moins bruyant et, peu de jours après, du prussien, indigné.

« L'Italie en état de se suffire à elle-m^me », Italia fara da se, splendides paroles qui revêtaient d'un manteau d'optimisme une triste vérité : l'Italie devait agir par elle-même parce qu'elle était isolée en face des grandes puissances, adversaires ou indifférentes : les empires d'Autriche et de Russie, c'était l'ennemi ; la République française ne pouvait intervenir, par crainte d'une attaque brusquée sur le Rhin ; l'Angleterre estimait que le mouvement révolutionnaire prenait une ampleur inquiétante en Europe et elle se montrait fort réservée. Personne ne la secourant, que le ciel, l'Italie devait s'aider elle-même : mais le pape poussait de superbes exclamations, formait un « ministère laïque » présidé par le cardhial Antonelli, octroyait une constitution*, puis se calmait; le grand-duc de Toscane, de sang autrichien, n'était pas très belliqueux; et de Ferdinand de Naples, on ne pouvait attendre qu'un coup de poignard dans le dos. Restaient Charles- Albert et les peuples.

Le 25 mars, les troupes piémontaises franchissaient la frontière de Lombardie.

1. Giuseppe Pasolini, 181o-1876, Memorie raccolle da suo figlio, t. I (1915), p. 105 et suiv.

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