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Cavour à Bezzi Giovanni, 25 juillet

modérée, « un coup d'Etat serait inévitable^ ». Le Président du Conseil n'était pas plus enthousiaste de ces résultats, qu'il attribuait à « des intrigues et des fourberies », et prévoyait un dur labeur au Palais Madama'.

Victor-Emmanuel fit bon visage; il tint séance royale le 30 juillet ; on s'attendait à un discours d'acres récriminations, on fut charmé du tour aimable, de la cordialité de ses paroles, de la confiance avec laquelle il accueillit ceux mêmes qui ne l'avaient guère épargné ; on approuva, on applaudit, mais le parti radical ne désarma point, et, quelques jours après, choisit pour président de la Chambre le marquis Pareto, auquel on reprochait de s'être compromis en avril avec les émeutiers de Gênes ; le dépouillement du scrutin révélait que la gauche comptait les deux tiers des membres, 84 contre 42.

Dans la Chambre ainsi composée, Cavour ne pouvait s'attendre à jouer un mie de direction, car il était trop libéral pour les conservateurs et pas assez pour les radicaux ; il n avait point de partisan, c'est le sort des esprits originaux ; mais il n'avait non plus d'adversaire personnel ; avec bonne humeur, il passait d'un groupe à l'autre, discutant, en riant, se dégageant de la droite sans se rattacher à la gauche, et pour parler le jargon parlementaire, cherchant à réaliser r « union des centres » qui sera sa constante préoccupation. « S'il est par bienfait spécial de la Providence possible de constituer à la Chambre un parti vraiment modéré-libéral, «'crivait-il à cette époque, alors nous arriverons à Voasis politique de l'Italie^. »

Pour l'heure, le Parlement subalpin ressemblait plutôt -^ un âpre roc des tempêtes, et le cabinet Azcglio subissait à la

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