‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 85 sur 247 · M"' Rattazzi, Ratlazzi et ses amis, t. I, p · texte numérisé non relu

M"' Rattazzi, Ratlazzi et ses amis, t. I, p

la séance, « on ne peut pas garantir la tournure que prendra la discussion '■ ». En effet, les débats tournèrent mal ; la proposition Balbo fut rejetée la première ; puis malgré l'intervention de Cavour qui se déclarait <c en son nom et au nom de ses amis » prêt à le voter dans un esprit de conciliation — proposant ainsi l'union des centres — , l'ordre du jour Buffa fut à son tour repoussé. La gauche intransigeante l'emportait.

Trois jours suivirent de discussion âpre et confuse où apparut la volonté certaine de la majorité de se refuser à approuver le traité" : la Chambre manquait évidemment de direction, les partis se morcelant, au gré des incidents. Finalement le « parti Valerio ^) — c'est l'expression de Cavour, — domina. Un de ses membres, Cadorna, proposa un ordre du jour exigeant qu' « avant d'approuver le traité », la Chambre fût saisie d'un projet de loi assurant la situation des émigrés lombards et vénitiens. En vain Cavour déposa-t-il un nouvel ordre du jour déclarant que « le présent traité n'aura pas pour effet d'enlever leurs droits de citoyenneté aux habitants des provinces ayant été unies aux Etats sardes et qui auront été exclus de l'amnistie par leur propre gouvernement », ce qui résolvait implicitement plusieurs questions épineuses ; cet ordre du jour fut rejeté et la Chambre n'eut plus qu'à voter sur celui de Cadorna. Une fois encore, Cavour insista avec force sur l'absolue nécessité d'approuver de suite le traité, « question entre nous et la fatalité » ; le cabinet usa de toute son énergie pour résister à la proposition de la gauche, qui « remettait tout en question » : par 72 voix contre 66, la Chambre vota l'ordre du jour Cadorna.

La situation devenait grave, car le pays, jusqu'alors si

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