‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 87 sur 247 · Traduction Orsi. L'Italie moderne, p. 205 et suiv · texte numérisé non relu

Traduction Orsi. L'Italie moderne, p. 205 et suiv

2. Casanova, Del Diretto Coslituzionale. t. II, 3* éd., p. 105; Paul Matter, La Dissolution des Assemblées parlementaires, p. 226.

la Chambre, et prenait une part si directe aux élections que , tournassent-elles contre lui, il n'avait plus qu'à abdiquer. Mais dans un État encore étranger à la correction politique de la couronne anglaise, alors que tous les monarques voisins déchiraient leurs constitutions, qu'en France, pays depuis plus de trente ans fait au régime parlementaire, le Président de la République dirigeait sa politique contre l'Assemblée en attendant de la briser, l'acte du 20 novembre parut comme le seul pouvant « sauver le statut et le pays^ ».

La campagne électorale fut courte. Le décret de dissolution avait fixé le scrutin à très bref délai, au 9 décembre : et cela était aussi légal qu'habile.

Le pays resta calme ; « le Piémont est indifférent au régime qui le gouverne, pourvu qu'il soit gouverné » ", écrivait le nouveau ministre de France, non sans injustice d'ailleurs ; la nation, lasse de dix-huit mois d'agitation, voulait travailler dans la paix et le recueillement, mais elle savait ne les trouver que dans l'organisation constitutionnelle du statut. Le gouvernement entendait ne point demeurer cette fois dans une sereine impartialité ; la proclamation de Moncalieri en était la preuve. « Je joue la partie, écrivait le Président du Conseil. Il était de mon devoir de le faire. Dieu veuille que je la gagne'. » 11 pratiqua la politique de « l'aide-toi, le ciel

1. f( Au point où les choses en élaicnl venues, écrivait Cavour k Emile de La Riic le 19 novembre, on ne pouvait plus reculer. Le ministère veut tenter une nouvelle bataille électorale. S'il la perd, c'en est fait du régime con.slitulionnci régulier. Nous serons ballottés entre les coups d'Iîtat elles mouvements républicains. »

i. M. Lucien Mural au ministre des Affaires étrangères, 2i novembre 184».

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