‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 88 sur 247 · M. dA.zeglio ù Eugène Hendu, i8 novembre · texte numérisé non relu

M. dA.zeglio ù Eugène Hendu, i8 novembre

t'aidera », et agit « avec une énergie » que reconnaissait Cavour. Il avait ce bel optimisme qui est une force en politique, et une pleine confiance dans la sagesse du pays. Pour l'éclairer il faisait publier un petit Journal des Électeurs ^ répandu à grand nombre d'exemplaires, recevait à salons ouverts les délégués de province et prêchait partout la bonne parole du « parti conservateur modéré ». Il était pris entre deux adversaires ; car si les radicaux, un peu défaits sous le choc de la dissolution, s'étaient repris et tonnaient contre la pohtique du cabinet, les réactionnaires — les codini de l'ancien régime — , s'agitaient et minaient sourdement le ministère, espérant dans la tourmente ramener la monarchie aux principes désuets du vieux maréchal de La Tour. Et leurs efforts pour bouleverser le régime tournaient en faveur du gouvernement, car les électeurs voyaient clairement les deux périls : révolution ou réaction. Le Risorgimento appuyait le cabinet de toutes ses forces, un peu essoufflées, car il avait « mangé ses fonds, le pauvre » (l'expression est de Cavour), et Camille payait de sa personne, écrivait à ses amis, suscitait des candidatures, galvanisait son comité V

La journée du 9 décembre se passa dans le calme ; les électeurs votèrent en plus forte proportion qu'en juillet, malgré «un temps atroce, une pluie à verse depuis deux jours qui en empêchera un grand nombre de se rendre au scrutin ^ » . Dès le premier tour il apparut que le gouvernement avait gagné la partie : à Turin, Cavour et ses amis passaient sans difficulté ; à Gênes, le marquis Pareto, Président de la Chambre, élu à une forte majorité quatre mois auparavant, était en ballottage ; le parti radical s'était coupé en deux tronçons à

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