Marquise d'Azegiio à son fils, 14 mai ISbl
3. Orsi, Histoire de l'Italie moderne, p. 215 ; Rosi, Storia conlemporatiea d'Italia, p. 245; F. Caburi, Franceaco-Giuseppe. La sua vita e i suoi letnpi, I, 1848-1866. Bologne, l'J20.
4. L'émotion avait été vive à Turin : le roi, Azeglio, Cavour, exprimèrent leur vive satisfaction de l'attitude française, car ils redoutaient cette incorporation qui aurait permis de transporter dans les plaines de la Lombardie les troupes de la Confédération. M. de Reiset au ministre, -3 févrl«>rl8.Sl.
Pinelli, disait en rentrant d'un voyage en Italie centrale : « C'est à notre constitution qu'on en veut. C'est cette constitution qui épouvante Naples, Rome, Florence et tous les États secondaires de l'Italie. Notre exemple menace toutes les souverainetés qui entendent vivre hors des liens constitutionnels^ ». Le gouvernement de Milan excitait ces craintes, car il les partageait.
Les souverains de Parme et de Modène étaient à sa dévotion, n'étant rentrés dans leurs États que sous sa protection ; à Parme le grand-duc exagérait : le fouet était devenu la principale institution de l'État; en quatre années, plus de 300 personnes furent passées aux verges; le prince alla si fort, qu'en 185411 tut assassiné par un inconnu que l'entente de ses concitoyens empêcha de jamais découvrir.
La Toscane était revenue au régime de l'arbitraire, le Statut de janvier 1848, abrogé de fait en 1850, l'avait été officiellement en 1832; l'action autrichienne s'y était faite enveloppante, d'autant plus dangereuse, car l'indolence du grandduc ne réagissait pas, alors qu'elle eût été secouée par la brutalité; les Autrichiens s'étaient installés à Livourne, profitant d'une insurrection de la ville, et ne songeaient point à l'abandonner"; dans tout le grand-duché, ils envahissaient l'administration, la police, l'armée", si complètement qu'en octobre 1851 le commandement des troupes toscanes était remis au général en chef autrichien : le coup fut douloureusement
1. M. F. Barrot au ministreydes Affaires étrangères, 17 octobre 1850.
2. Pietro Vigo, Episodii délia dominazione austriaca in Livorno, iS-iS- ■1853, dans la Rassegna storica del Risorgimento, 1914, p. 261 et suiv. P. Orsi, Uispacci, Letlere e Proclami di giorni assai agitali nella storia toscano dans la ^uova Antologia dti l*"^ octobre 1923.
3. Bersezio, Il regno di Viltorio Emanuele II, IV, p. 381 et suiv. A.Oriani : La Loila politica in Italia, p. 513, « La restauration toscane, volontairement prosternée devant l'Autriche et les prêtres, w Cappelletti, Setti lus tri di Storia Austria e ToscaTia, 1824-1859 (1918).
ressenti à Turin ; Massimo d'Azeglio et le général La Marmora disaient tout net qu'on voulait « inféoder la Toscane à l'Autriche, ôter jusqu'à l'apparence de son indépendance, faire descendre son souverain au rang de gouverneur d'une province, autrichienne avec le titre de grand-duc* »; c'était le dessein de Schwarzenberg, et les négociations diplomatiques ayant été rompues sur cet incident entre les cours de Toscane et de Piémont, les intérêts toscans à Turin furent confiés... au ministre d'Autriche. La bourgeoisie libérale de PTorence, de Sienne, de Livourne supportait difficilement de telles humiliations, « Indignée du rôle qu'on lui fait jouer », disait la marquise d'Azeglio, et, par esprit d'opposition intellectuelle, l'Académie des Georgofili de Florence élisait Cavour parmi ses membres, en juillet iSol, à un moment où il affirmait sa politique italienne ^ Ce n'était point là vétille de nature à embarrasser r Autriche.
Le pape était rentré à Rome, et la situation avait été rétablie telle que sous le pontificat de Grégoire XVP : de son enthousiasme libéral. Pie IX avait glissé dans une réaction mélancolique, et il laissait à son secrétaire d'État le soin de la politique temporelle ; le cardinal Antonelli avait de la décision, de la netteté, mais des idées en retard de quelques siècles; M. Thiers disait spirituellement de lui : « Il maintient à Rome un détestable gouvernement, il mène la papauté aux abîmes, mais c'est un homme d'État* ». La présence des troupes^ lrançui.ses, seule, empochait de nouvelles révoltes, et l^inelli, à son retour de Rome, déclarait sans exagération : « Du côté de ceux qui gouvernent, esprit intraitable de domination,.