‹ Ce pauvre vieuxChapitre 18 sur 25 · HORS DE CAGE · texte numérisé non relu

HORS DE CAGE

Avec quel entrain commencent ces parties qui sont comme les délassements aimés de l'été! On arrive au lieu du rendez-vous, on se reconnaît, on s'apostrophe, on se bouscule un peu, ce qui, chez les gens qui ne se bousculent jamais, ne manque pas d'un certain charme; on s'entasse, au milieu des rires et des gais propos, dans des véhicules toujours trop étroits, que ce soient des barques, ou des voitures, ou des wagons, et on part jo3"eusement. TJne brise de jeunesse semble avoir passé sur la troupe : les sérieux sont fous, les sots sont spirituels, les spirituels sont étourdissants, les mélancoliques sont rieurs, les souffi-ants sont pleins d'une vigueur factice, les vieux se croient rajeunis. Mais le voyage est fait; on a passé u-n certain temps sur les grèves, la médaille se retourne, voici la seconde partie qui commence. La physionomie de convention tend à disparaître : la brise est fraîche, les délicats sont inquiets, les sièges sont durs, les rhumatisés font la grimace; les sots, ayant tiré la petite fusée préparée depuis longtemps, redeviennent tout simplement des sots; les intelligents, devant la majesté de la mer, ton^bent dans je ne sais quelle rêverie qui les rend muets; les gourmands, qui mangent froid et qui boivent chaud, se montrent ouvertement grognons. La prime jeunesse, seule, conserve sa gaieté élastique et inépuisable : elle rit de tout, elle accepte tout, elle trouve tout charmant. Les cahots n'ont point fatigué ces corps souples, la brise ne paraît pas trop fraîche à ces' poumons neufs, la vue de la mer, les grands

horizons n'impressionnent pas encore ces âmes légères, un repas manqué semble délicieux à ceux qui ne connaissent encore ni la tristesse, ni les maux d'estomac, ni les regrets, ni les rhumatismes, ni les élans mystérieux, ni les névralgies, toutes choses qui préoccupent, tourmentent, empoisonnent, entraînent plus tard la vie. Chez les intelligents la sève déborde et pétille de plus belle; chez les autres le vide se voile sous la gaieté ou le sentiment. A défaut d'autres qualités, les jeunes filles ont la fraîcheur et la grâce, les jeunes hommes l'ardeur et l'aplomb.

Ces remarques générales s 'adaptant à la partie organisée au Port-Louis, nous n'entrerons pas dans de plus amples détails. 11 ne se passa rien d'extraordinaire; la jeunesse s'amusa consciencieusement toute la journée, et Marguerite, qui était bien la fleur de cette jeunesse et qui n'aimait rien tant que les bords de la grève, aurait passé une journée charmante si son esprit n'avait été tout inquiet, si elle ne s'était sentie toute préoccupée de son cher vieux grand-père.

Elle y pensait en traversant de son pas léger le sol gris et doux de la grève, elle y pensait au milieu de l'essaim de jeunes élégants qui l'entouraient, elle y pensait sans cesse, elle y pensait toujours.

Ce fut elle qui donna le premier signal du départ, et, toute joyeuse d'aller retrouver son cher vieillard, elle déploya une grande activité dans les derniers apprêts, et s'arrangea de façon à ménager trois places dans la meilleure embarcation.

D'après ces arrangements, ils arrivèrent les premiers à Lorient. On échangea les adieux sur le port, et la famille de Prévaneau reprit le chemin de la Bovc. Marguerite devançait, presque malgré elle, Polyxène et son père, qui, le plaisir ])assé, se laissaient envahir par la fatigue et l'ennui, et dont les pieds alourdis semblaient se coller aux pavés.

vSur la Bove, les yeux de la jeune fille cherchèrent bien vite l'étroite façade grise. Elle espérait apercevoir la figure vénérable et aimée, les beaux cheveux blancs flottants. La fenêtre du salon était, en eftet, ouverte au large. Le regard de Marguerite glissa jusqu'au dossier fleuri du

fauteuil en moquette qu'elle avait roulé, pour M. Blouan, tout près de la fenêtre : il n'était pas occupé.

Comment le pauvre vieux avait-il pu quitter ce poste d'attente? Comment avait-il pu renoncer au plaisir de voir revenir sa Marguerite? C'était à n'y rien comprendre. Marguerite, saisie d'une vague inquiétude, pressa machinalement le pas et, en quelques seconde?, se trouva dans l'escalier. Quelqu'un montait, en trébuchant, devant elle.

— Julie ! appela-t-elle.

C'était le nom de la gardienne.

Un bégaiement inarticulé lui répondit.

Marguerite franchit rapidement quelques marches et, rayant dépassée, la regarda en face.

Elle trouva un visage hébété au milieu duquel ' nageaient des yeux ivres.

— Mon Dieu ! bon-papa, s'écria-t-elle.

Elle arracha à l'ivrognesse la clef qu'elle tournait entre ses doigts, ouvrit la porte et s'élança dans le salon : il était désert.

En une minute elle parcourut tous les appartements en appelant son grand-père : il n'était nulle part; nulle voix ne lui répondit.

Quand elle reparut dans la cuisine, elle était pâle comme une morte.

Elle marcha vers Julie, qui s'était laissée tomber sur un siège et qui s'y endormait du lourd sommeil de l'ivresse; elle la secoua et lui demanda, d'une voix pleine de larmes :

— Quand l'avez-vous quitté?

Julie la regarda d'un air stupide et referma les yeux. Marguerite saisit un bol, alla vers un seau rempli d'eau, et une douche glacée frappa en plein la face enluminée de l'abominable créature, qui se réveilla du coup.

Deux autres douches lui débrouillèrent un peu les idées, et, quand M. de Prévaneau, Polyxène et Marie-Rose arrivèrent, elle racontait, en balbutiant, sa journée. Sous l'œil pénétrant de Marguerite, elle n'osa pas mentir. Elle avoua donc qu'elle était sortie peu de temps après eux, uniquement pour prendre une tasse au café voisin, elle y avait trouvé des camarades, on lui avait fait boire de l'eau-de-vie, on l'avait emmenée dans un cabaret du port, d'où elle n'avait plus bougé, et, quant à

savoir ce qu'était devenu le vieux monsieur, elle ne pouvait vraiment pas le deviner.

Quand son récit finit, Marguerite sanglotait.

— Ote-toi au moins de devant mes yeux, chienne d'ivrognesse! s'écria Marie-Rose. As-tu pu abandonner comme cela notre vieux monsieur! Va-t'en ! va-t'en !

Et à coups de poings, à coups de pieds, elle reconduisit la malheureuse jusqu'à la porte.

— Que diable! M. Blouan n'est pas perdu, s'écria M. de Prévaneau en essayant de prendre un air dégagé. Il va souvent chez le pharmacien d'en face, à l'église, chez vSaint-Péray.

Marguerite se leva vivement.

— Marie-Rose, va questionner les voisins, ditelle, je cours à l'église.

— Papa, nous pouvons bien monter chez mon oncle de Saint-Péray, dit Polyxène, qui se sentait toute troublée : M. Blouan a pu nous attendre chez lui.

Ils se séparèrent. Une heure plus tard, ils se retrouvèrent mornes, soucieux, sérieusement inquiets. Personne n'avait vu M. Blouan, M. Blouan ne s'était trouvé nulle part.

Il est nuit, Marguerite est seule et pâle d'an- •^'^oi.sse. Elle s'est laissée tomber sur le fauteuil le paille qu'occupait ordinairement le pauvre vieux. vSes forces l'abandonnent un moment; elle ne peut plus marcher, et elle a été obligée de s'en remettre à M. de vSaint-Péray et à Marie-Rose pour continuer les recherches. Pour elle, elle compte les secondes, les minutes, les heures; elle frissonne en voyant le jour s'éteindre.

Tout à coup, des pas se font entendre sur Tescalier, on distingue un murmure de voix; c'est M, de Prévanean et Polyxène qui rentrent. Hélas ! pourquoi Marguerite a-t-elle tressailli? Pourquoi ses yeux se sont-ils baissés? Pourquoi, sur son front pâle et uni comme l'ivoire, une ride s'est-elle creusée entre l'arc sombre de ses sourcils? Ah! c'est qu'elle pense que, sans- eux, son pauvre grand- père serait là, à ses côtés; c'est que c'est grâce à eux qu'elle a le cœur brisé par le chagrin, par l'inquiétude, par le remords. Elle ne voulait pas le quitter, ce sont eux qui l'ont commandé.

Ces pensées rapides ont éveillé en son âme un amer ressentiment : elle s'enfonce dans l'ombre pour que les arrivants ne l'aperçoivent pas, et, quand elle entend son père l'appeler à demi-voix, elle se lève, ouvre la porte et sort précipitamment. Elle ne veut pas paraître devant eux en ce moment, elle sait que des paroles de reproche jailliraient de ses lèvres, que, toute à sa douleur, elle laisserait couler comme un torrent son juste et légitime ressentiment. Marguerite est douce, elle n'est pas insensible, elle pardonne facilement les petites indélicatesses qui lui sont faites; mais tout son sang bout dans ses veines devant l'injustice, et, à cette heure, l'angoisse lui soulève l'âme, la déchire, l'exalte; il faut qu'elle s'éloigne, si elle veut demeurer irréprochable. Elle s'éloigne donc, le voile baissé, pour cacher les larmes qui sortent comme d'une source de ses yeux. Mais où ira-t-elle ainsi, le frond abattu, la bouche pleine de sanglots, les deux mains sur son pauvre cœur qui bat à briser sa frêle poitrine? A qui ira-t-elle demander ce qu'est devenu son cher vieillard? Ceux dont, il y a quelques heures, elle partageait les plaisirs, sont plongés dans leur repos et ne sauraient lui répondre. Où donc ira-t-elle mendier un peu de courage, un peu d'espérance? Qui pourra l'aider à chasser les noirs pressentiments qui l'assiègent? Qui, surtout, comprendra l'intensité de sa douleur ?

Celui qui commence où l'humain manque et finit : Dieu. Marguerite a pris le chemin d'une chapelle éloignée, la seule qui, par des circonstances particulières, soit ouverte à cette heure. Elle entre dans le petit sanctuaire éclairé par la

tremblante veilleuse du tabernacle, va s'agenouiller entre la balustrade de l'autel, et pleure. Il faut qu'elle commence par pleurer devant ce tabernacle d'où nous recevons selon notre foi.

Celle de Marguerite est profonde. Je ne sais pas, bienveillant lecteur, si votre foi est celle de Marguerite; cette foi, la voici : dans ce tabernacle de bois peint, il y a un calice d'or; dans ce calice d'or l'hostie eucharistique, Jésus-Christ. Cet hôte invisible, auquel son cœur pur forme souvent un autre tabernacle, est pour elle un Dieu abaissé, mais vivant, qui répond à sa pensée et console son cœur. Elle sait que les miracles ne coiitent pas à Dieu; son intelligence est haute et réfléchie, sa raison s'éclaire deis enseignements de la foi. Elle comprend par le cœur la raison d'amour, et elle adore le Dieu-Homme sous l'humble voile qu'il s'est choisi pour demeurer parmi nous, et elle sent qu'elle n'est plus seule à souffrir. Aussi elle pleure abondamment, silencieusement, comme elle voudrait pleurer sur l'épaule d'un ami fidèle. Et quand elle a pleuré, elle prie, et quand elle a prié, elle pense.

Du fond de ce tabernacle sort une voix divine dont son âme remuée écoute attentivement les enseignements. La vie est une lutte, la vie est une série d'épreuves, la vie est un exil, il y a dans la vie des heures d'agonie.

Mais Celui qui se cache là comprend toutes les souffrances, compte tous les sacrifices, sanctifie toutes les agonies. Il a voulu que son âme fût triste jusqu'à la mort. Il a racheté le monde par la souffrance, il a souffert par les hommes et pour les hommes, et il leur a pardonné. Le souvenir de Polyxène et de son père lui revient là comme une tentation; mais elle la repousse en murmurant ces paroles de la grande M3'stique : « Il sait tout, il peut tout, et il m'aime. » Le ressentiment humain se fond peu à peu sous l'action divine. Eux aussi ne savaient pas complètenient ce qu'ils faisaient. De son pauvre cœur brisé l'amertume s'épanche goutte à goutte, et elle commence à accepter de souff'rir.

Celui qui ne devient pas plus doux, plus résigné après la prière, n'a jamais su prier.

^lais voici le gardien de la petite chapelle qui

agite son trousseau de clefs. Il a vu cette femmi pleurant agenouillée, et l'honnête homme n'a pas voulu troubler sa prière. Cependant l'heure a passé, la nuit s'avance. Allons, Marguerite, qu'un dernier élan de votre pauvre cœur vous porte jusqu'à Dieu, que vos lèvres tremblantes répètent les paroles qui ont été prononcées au jardin de Gethsémani : « Mon Père, que votre volonté soit faite!» et relevez-vous, prenez courageusement sur votre épaule cette croix faite d'angoisses, de terreurs, de chagrin. Toutes les croix paraissent lourdes, Marguerite, et tous ceux qui les portent n'ont pas cette foi qui, en ce moment, ranime votre énergie, triomphe de vos défaillances, éloigne le tentateur.

Marguerite retrouva son père et Polyxène dans la salle à manger. Marie-Rose était là aussi, sombre, désolée, harassée de fatigue. Le silence morne qui l'accueillit apprit à la jeune fille qu'aucune nouvelle n'était venue la rassurer sur le sort de son grand-père.

— Qu'est-ce qu'il faut faire, Mam'zelle? demanda Marie-Rose en comprimant ses sanglots.

— La nuit nous met forcément au repos, répondit Marguerite d'une voix altérée, mais parfaitement douce; il faut donc aller se coucher, ma pauvre fille, pour se relever demain à la petite pointe du jour.

— Me coucher! s'écria Marie-Rose, quand je pense que notre pauvre vieux maître est peutêtre...

Elle croisa les mains, les éleva au-dessus de sa tête, et ce geste désespéré acheva sa phrase.

— Dieu veille sur bon-papa, dit Marguerite en pâlissant; va te coucher. Et vous aussi, mon père, et toi aussi, Polyxène, ajouta-t-elle avec effort.

Elle s'était tournée vers eux, elle les vit se lever et marcher vers la porte, la tête baissée comme des coupables.

Elle se leva vivement, et, toute pâle, le visage tout couvert de larmes, elle alla vers eux.

— Mon père et toi, Polyxène, dit-elle lentement, tristement, mais avec une grande douceur, je veux, dans l'ignorance cruelle où je suis, je veux, dès maintenant, vous dire que je ne vous accuse plus. Quoi qu'il soit arrivé à mon cher vieux père,

je sais que sa belle âme sera remontée vers Dieu; mes inquiétudes s'arrêtent là, et c'est bien sincèrement que je vous pardonne.

Et elle alla, comme d'habitude, offrir son front à son père, qui y déposa un baiser presque respectueux, et elle laissa Polyxène qui pleurait, vaincue par tant de générosité, l'embrasser sur les deux joues.

Elle était encore toute frémissante d'avoir accompli cet acte de vertu", quand la sonnette s'agita vivement. Marie-Rose s'élança vers la porte et l'ouvrit à Ernest de Saint-Péray, qui vint tomber tout essoufflé, tout haletant sur un siège.

— ^ viens de parler à quelqu'un qui l'a vu, dit-il, sitôt qu'il put parler.

Un cri de soulagement échappa à Marguerite, qui s'approcha d'Èrnest les mains jointes.

— Ne vous enthousiasmez pas, je ne sais pas grand 'chose, reprit le brave garçon en épongeant ses tempes, d'où ruisselait la sueur; mais on l'a vu traverser le cours Chazelles et se diriger vers H gare.

Cette révélation incomplète soulevait un peu le poids d'angoisses qui pesait sur le cœur de Marguerite; elle écouta, toute palpitante, les détails dans lesquels entrait le jeune homme. En revenant du cimetière où .Marguerite l'avait envo\^é, la fatigue l'avait obligé de s'asseoir sur un des bancs placés dans l'avenue de Merville. Un vieil officier en retraite y prenait le frais, et la conversation s'était engagée entre eux. Ernest n'avait pu s'empêcher de lui parler de ce qui le préoccupait. Quelle n'avait pas été sa joie en apprenant que celui auquel il parlait avait vu M. Blouan traverser le cours Chazelles, vers cinq heures de l'aprèsmidi !

— Mais était-ce bien bon-papa? demanda Marguerite; s'il s'était trompé!

— 11 n'y a pas l'ombre d'un doute à cela, répondit Ernest. Ce brave homme me l'a parfaitement dépeint; il m'a dit qu'il marchait vite comme quelqu'un qui s'échappe, et il a ajouté : « Je n'ai jamais su son nom, mais je vous montrerai la maison de la Bove où je l'ai vu très souvent à la fenêtre cet hiver. »

Nous sommes revenus ensemble, il m'a montré

votre maison et il m'a dit : « C'est là! » Reste maintenant à savoir où il est allé.

Marguerite se leva et alla soulever le couvercle du petit coffret placé sous le fauteuil de paille. Elle y plongea la main et en retira une boîte vide.

— Il a pris de l'argent, s'écria-t-elle, il est parti pour Plégon.

— Peut-être bien, dit Marie-Rose; le malheur serait moins grand.

— Y a-t-il des trains de nuit, monsieur Ernest? demanda précipitamment Marguerite.

— Non, tout est fermé; il faut attendre à dem.ain matin. «*

— A quelle heure?

— Les bureaux ouvrent à cinq heures, je crois.

— Il est à peu près minuit, n'est-ce pas ?

— Moins dix.

— C'est une longue attente, mais enfin !

— Tu comptes aller à Plégon, Marguerite? demanda M. de Prévaneau.

— Oui, mon père.

— Si ce n'avait été mon jour de versement, demain, je t'aurais bien accompagnée. Tu ne voudrais pas attendre?

— Oh! non, et je n'ai d'ailleurs besoin de personne.

— Donnez-moi vos pleins pouvoirs, et je vous le ramène, s'écria Ernest.

— Merci, dit Marguerite, vous êtes bien bon, monsieur Ernest; mais vous comprenez que je ne laisserai pas à un autre le soin d'aller chercher bon-papa. Je mourrais d'angoisse en attendant. Que tout le monde aille se coucher.

— Et vous, Mam'zelle, dit Marie-Rose, il me semble que personne n'est plus brisé que vous.

— Je me jetterai sur le canapé du salon. Qu'on ne s'inquiète pas de moi, je ne pourrais dormir, l'inquiétude est un trop dur oreiller. Avez- vous votre porte-monnaie garni, mon père ?

M. de Prévaneau le lui présenta.

. Elle l'ouvrit.

— Est-ce assez? demanda-t-il.

— Oh ! oui.

vSur cette réponse ils se séparèrent,;

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