‹ Ce qu'est germanisme;Chapitre 12 sur 50 · L'ALLEMAGNE ORGUEILLEUSE · texte numérisé non relu

L'ALLEMAGNE ORGUEILLEUSE

LES WIBELUNGEN

Le premier acte est terminé. Il y a un entr'acte. Le second acte commence.

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C'est ce qu'on appelle la « lutte du sacerdoce et de Tempire », l'épisode le plus extraordinaire peut-être de l'histoire du monde, s'il n'y avait pas la mission de Jeanne d'Arc.

Les événements qui le. composent ont leur prodrome dès 919, dans l'élection de Henri l'Oiseleur comme roi de Germanie, et se déroulent pendant plus de trois cents ans avec près de vingt empereurs et de soixante papes, sans compter les anti-Césars et les anti-papes fort nombreux, en somme une centaine de personnages de premier plan, sinon d'égale importance, entourés d'une multitude d'autres.

Le sens de cette lutte, nous le trouvons dans un étrange poème de Richard Wagner, intitulé les Wibeltmgen, et qu'il écrivit avant de composer son Anneau du Nibelung, D'après lui, il y a eu jadis en Orient im patriarche de la race des Aryas, identique à celle des Francs, qui réunissait en sa personne le pouvoir royal et le pouvoir religieux, le temporel et le spirituel. La race a pour mj^he sjnnbolique la légende de Sigfrid, le dieu-soleil, que les autres peuples appelleront Jésus ; Sigfrid tue, sous la forme du dragon, les Nibelungen ou, comme on dira plus tard, les Wibelungen (GibeHns), esprits de la nuit, de la mort et de la terre, et conquiert ainsi- à la fois leur nom et une puissance souveraine sur tous les biens de ce monde. Mais l'héritier du dragon tue Sigfrid, et à leur tour les héritiers de Sigfrid poursuivent sa vengeance sur le dragon, comme alternent le jour et la nuit.

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C'est par suite de cette diminution périodique à laxjuelle sont condamnés les héritiers de Si^;fried, c'est-à-dire du patriarche aryen ou franc, qu'ils ont perdu le pouvoir spirituel ; mais ils n'en gardent pas moins aux yeux du peuple une auréole quasi divine et ils sont hantés du désir de reconquérir, avec l'hégémonie universelle, la souveraine puissance religieuse.

Il y a momentanément accord des deux pouvoirs entre Charlemagne et le pape, et l'accord durerait si le pape consentait à être le vicaire de l'empereur au lieu de se dire le vicaire direct du Christ. Mais le pape se dit supérieur à l'empereur et la lutte éclate. EUe est à son point culminant avec Barberousse. Arrêté en Occident, Barberousse part pour l'Orient, berceau de sa race, à la conquête du Saint Graal qui lui donnerait à la fois l'empire matériel et spirituel du monde. Au moment d'y toucher, il se noie dans le Cydnus. Un nouveau cycle des grandeurs, des ambitions, des triomphes et des catastrophes des Wibelungen recommencera, et ainsi de suite toujours, car c'est le destin.

On voit que dans cette conception de Wagner, artiste de moelle germanique, le vrai dieu est la race allemande et le faux dieu Jésus-Christ. De ce fait, la race allemande se croit un droit divin de souveraineté et de propriété éminente sur tous les autres peuples et sur toutes les richesses de la terre, jusque dans ses entrailles ; mais elle convient aussi que.

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poussée à la double conquête du pouvoir spirituel et temporel par une fatalité héréditaire et irrésistible, au moment d'accomplir son rêve, elle est condamnée à le voir s'écrouler.

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