‹ Ce qu'est germanisme;Chapitre 15 sur 50 · LES FAITS · texte numérisé non relu

LES FAITS

Quoi qu'il en soit, voici les faits. Depuis la mort de Charles le Chauve en 877, il y a eu un interr^e

fanpérial avec des rois de Gennanie, puis tme nouvelle série impériale avec Chartes le Gros et AmuH, bâtard de Carlôman, puis une nouvelle lacime. La machine n'allait plus. Entre temps, on remarque des essais d'empire italien. Gui ou Guido, roi d'Italie, est couronné empereur à Pavie en 889 par Etienne V et règne jusqu'en 894. Entre Charles le Gros et Amulf s'insère Louis III, roi d'Arles, qui est couronné à Rome en 900 ; mais dès 903 il est déposé par Bérenger, roi d'Italie, qui, en lui crevant les yeux, lui assure le triste surnom d'aveugle. Bérenger, couronné empereur en 915, est vaincu en 923 par une coalition d'ennemis, assassiné en 924.

Cependant Henri l'Oiseleur, duc de Saxe, est élu roi de Germanie, comme chef de l'armée des Francs et des Saxons, bien qu'il n'y eût là en fait que des Franconiens, et non des Francs à proprement parier. Mais un grand préjugé traditionnel ne souffrait guère que la souveraineté germaine pût résider en droit et théoriquement ailleurs que chez les Francs. A ce titre. Napoléon n'était pas mal venu à revendiquer la comrCMme de Charlemagne. L'Ile-de-France aurait plusde droits à la fournir qu'aucun autre lieu du monde. Mais il valait mieux pour la France et pour le monde que la France n'eût point l'empire, sa destinée plus haute étant de nier au cours des siècles la conception impériale et tyrannique du pouvoir.

Le fils de l'Oiseleur, Othon I«' dit le Grand, épouse

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Adélaïde, fille de Rodolphe de Bourgogne, qui lui apporte des droits sur la couronne d'Italie. Il reprend effectivement l'œuvre de Charlemagne, remporte en 955 ime grande victoire sur les Hongrois au bord de la Lech et envoie des missions en Pologne et en Suède. Il est couronné roi des Lombards à Milan en 961 et empereur à Rome par le pape Jean XII, en 962. Il prête le serment suivant : « Je le jure, pape Jean, 4t en présence de Dieu le Père, du Fils et de l'Esprit « Saint ; arrivé à Rome avec la grâce de Dieu, je « relèverai de toutes mes forces l'Église romaine et « ses pasteurs. Jamais, par ma volonté, ma permis- 4t sion ou mes instigations, tu ne perdras ni la vie, ni « im membre, ni la dignité qui t'appartient ; je ne « rendrai, sans ta permission, aucim jugement, aucune « ordonnance qui te concerne, toi et les Romains ; et «je te restituerai ce qui tombera en mon pouvoir « du domaine de saint Pierre. Si jamais je transmets « le royaume d'Italie, je ferai prêter serment à son «neuveau maître d'être, de tout son pouvoir, ton « appui et le défenseur du royaume de saint Pierre. »

L'année suivante, Jean lui ayant réclamé certains territoires de l'Église, Othon entre à Rome en armes, extorque aux Romains le serment de ne point élire de pape sans son consentement, fait déposer Jean qui s'était enfui et élire incontinent un l^dque qui prend le nom de Léon VIII.

Les prémisses du conflit sont posées, quand même il devrait se faire attendre.

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