‹ Ce qu'est germanisme;Chapitre 21 sur 50 · ORIGINES DE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA PRUSSE

, Cependant il s'en était déjà formé une autre qui a échappé à l'investigation littéraire, philosophique et

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mondaine de cette illustre ennemie de Napoléon. Cette autre Allemagne, c'était la Prusse. Pour la bien pénétrer, il aurait fallu un regard plus perçant et moins prévenu que celui de Corinne. La j)opiilation prussienne pouvait présenter, comme toute autre en Germanie, ce vernis d'une certaine bonasserie que les Allemands désignent avec une nuance intraduisible par le mot de « Gemûthlichkeit ». Cette bonasserie, toute sincère qu'elle puisse être, s'accorde souvent très bien avec un fond d'hypocrisie. Mais dans le fait de la Prusse, il y a plus que de l'hypocrisie, il y a de la fraude.

Je donne à ce mot un sens très fort et je pense que c'est le même que lui assigne Molière quand il fait dire à l'exempt, à la fin de sa comédie h Tartuffe ou V Imposteur : \

« Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, »

La fraude c'est à la fois le vol et le mensonge, l'acquisition injuste sous le couvert de l'imposture, et c'est ce qu'on voit à plein dans l'histoire de la Prusse et le vice qu'elle a réveillé et propagé dans l'Allemagne.

La famille des Hohenzollem est originaire de Souabe. Une branche cadette va s'établir en Franconie. Ces Hohenzollem deviennent burgraves de Nuremberg et acquièrent Anspa,ch, puis ils sont transplantés en 141 1 dans les marches de Brànde-

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^•ourg, où ils font très bien leur métier. Les voilà élecfefleurs et ils s'arrondissent, à quoi il n'y a rien à redire. Transportons-nous maintenant en Lithuanie entre Vistule et le Niémen, où habite ime population ^ Jà laquelle on donne le nom de Pruses ou Porusses ou crusses. Il paraît que ce mot, en vieux polonais, veut dire « hommes des bois », comme le mot « orangoutang ». Ce sont des païens. Au xiii® siècle, on prêche contre eux la croisade et elle est d'abord confiée aux ^f chevaliers Porte-glaive, puis aux Teutoniques. li Ces Teutoniques se sont d'abord appelés l'ordre Notre-Dame de Jérusalem, Frères de Sainte-Marie ou Marianistes. Après la perte de Jérusalem en 1187, ils furent transférés à Saint- Jean-d' Acre où ils ont l'hôpital Sainte-Marie des Allemands ; conune les Hospitaliers, ils suivent la règle des Hospitahers de Saint- Jean, et comme chevaliers, pour la lutte contre les mécréants, ils sont soumis à la discipline des Templiers. Innocent III les favorisa beaucoup. Ils faisaient le triple vœu de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. Ils étaient astreints à l'hospitalité comme à l'un de leurs devoirs essentiels. Ils étaient obligés à des jeûnes prolongés. Leurs repas étaient frugaux et se prenaient en silence ; ils ne mangeaient de viande que trois fois par semaine. Des sanctions sévères étaient prévues contre l'ivrognerie et la débauche. Les chevaliers devaient conmiunier au moins sept fois chaque année.

L'ordre s'enrichit promptement et eut un grand

nombre de commanderîes en Europe. Il fut appelé «i Prusse, avec la permission impériale d'y faire des conquêtes pour son compte, permission confirmée par le pape avec cette clause que ces conquêtes seraient expressément la propriété de saint Pierre et de la sainte Vierge.

n s'ensuivit cinquante ans de guerres atroces. Les chevaliers dépouilleront même l'évêqué chrétien qui les avait précédés. Vers le miUeu du xiii« siècle, ils fondent Kœnigsberg. Chassés d^ l'Orient par les Sarrasins, ils s'étabUssent entièrement en Prusse. Des insurrections sont domptées, des razzias opérées siu: les indigènes. Une forte prospérité matérielle est orgamsée et l'ordre devient un véritable État dès le XIV® siècle. Pour s'autoriser à trafiquer, il fabrique ime fausse bulle. Au xv® siècle, il se fait remarquer par son artillerie lourde, la force et la grosseur de ses canons.

Cependant la débauche s'y introduit, la discipline se relâche, des grands maîtries sont assassinés, on répète que ses vrais chefs sont Vénus et Bacchus. En 1400, les chevaliers subissent ime terrible défaite à Tannenberg et passent sous la suzeraineté de la Pologne contre laquelle ils luttent néanmoins. En 1511, Albert de HohenzoUem, destiné à la vie ecclésiastique, mais qui n'en a pas le goût, entre dahs l'ordre avec promesse d'en être nommé grand maître. Dans cette fonction, il éprouve de nombreuses difficultés et va voir Luther, qui lui conseille de sécula-

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liser l'ordre à son profit. U le fait à quelque temps de là et s'établit comme duc avec hérédité dans sa maison sous ]a suzeraineté de la Pologne. Les droits de saint Pierre et de la sainte Vieiige se volatilisait. Albert se marie deux fois. Il a im fils, mais qui est fou et demeure sans postérité* Il a aussi des filles. Les électeurs de Brandebourg, qui sont Iwrs cousins^ les époi:Bent et réunissent à leurs États le duché de Prusse, qui ^vient royaume en 1701 en vertu d'une autorisation impériale et qui est reconnu comme tel^ au traité d'Utrecht, «1 1713. C'est ainsi que les électeurs de Brandebourg deviennent 4 rois en Prusse ».

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