Î^OTRE GÉNIE
L'dSort allemand est condamné au néant et à l'avortement, s'il n'est fécondé par la civilisation latine, , qu'il serait -pkûs court d'appder sinq^ment la civilisation. Heureusement, die a toujours vaincu^ Rappelons-nous les trois actes piéoédente : victoire de l'Occident, victoire de l'Italie, victoire de la Fran^ ; le quatrième acte finira de même. Ra{q>elons-noQS aussi combien ils furent longs : 900 ans, 300 ans.
120 ans l L'acte qui occupe la scène s'est ouvert depuis 125 ans envinm et c'est de ce biais que le consi<fe^eiit les Allemands eux-mêmes. Nous ne pouvons prédire l'heure où il finira, mais tout le passé nous est garant qu'il finira bien.
I>ans les li^^ de ces perspectives, ITiistcwre de ftance jM-end une noblesse singulière : on voit que nous avcms toujours défendu la liberté de l'Europe, &ens nous, il y aurait eu un empire comme en Perse, en Qiine ou à BjrKince, et l'Occident putréfié aurait succombé à ht barbarie soit intérieure, soit orientale. Noos avons été te sel de la terre.
Et ne médîsoî» point de nous-mêmes ni de notre réelle constance. : nous avons été fidèles à notre génie et à notre mission en dépit de tous changements de notre forme de gouvernement politique. Nous avons contribué à l'indépendance des États-Unis d'Amérique sous Louis XVI, nous avons fondé la Grèce sous Charles X par la bataille de Navarin et cette glorieuse expédition de Morée que condmsit le général Maison, Mous avons permis à la Belgique de naître sous Louis- PhiHppe, nous avons fait naître la Roumanie et nous ayons assuré la résurrection de l'ItaKe sous Naprféon III ; et aujourd'hui nous combattons pour tout te monde sous la République.
Le tanps où nous sommes et les impondérables travaillent pour nous. Le mouvement des nationalités vers l'indépendance n'a cessé dé s'accentuer. La Norvège tout récemment a voulu se séparer de la Suède ;
128 CE qu'est le germanisme.
la liberté de l'Irlande a cause gagnée ; la Bulgarie a été tirée du tombeau par la Russie ; la Serbie veut être et plus être, comme c'est son droit ; c'est un scandale désormais intolérable que la Pologne ne soit pas, et l'Arménie trempe sa reconnaissance dans un bain de sang. Or, nous autres Français, nous représentons l'idée générale de 4'indépendance individuelle, le principe de l'individualisme contre celui du mécanisme et de roj-ganisation matériellement biologique ; et nous ne le représentons pas seulement pour les individus humains, mais aussi pour ces autres plus grands individus que sont les nations. Chez nous bat le cœur de ce qu'on pourrait appeler le félibrige des peuples. Or quelle apparence que l'homme moderne consente à redevenir un rouage passif dans la société, et qu'aucun peuple se résigne à demeurer longtemps un esclave dans l'Europe?
Ce qui fait actuellement la force de l'Allemagne, c'est précisément que, par rapport à l'Europe et aux pays qui l'enveloppent, elle est en retard. On peut même déterminer quelles circonstances se combinent pour qu'elle soit présentement au point culminant de sa force. Elle sort de l'état féodal pour s'unifier comme il est arrivé en France sous Henri IV ou comme il vient d'arriver également au Japon ; moment extrêmement favorable à l'accroissement de puissance des nations qui se trouvent en état d'utiliser subitement, et d'un effort unique, de grandes réserves d'énergies éparses et accumulées ; et ce qui est un phénomène
r LE GERMANISME. I29
nt concomitant du précédent, ir après des victoires. Ces cirnellement favorables sont de t transitoire, elles vont pase que l'Allemagne porte en elle ►mentanément domptée par une mais elle s'est manifestée au r trop de preuves pour qu'on 5 réveillera un jour. Il sera peuther que l'Allemagne empeste Dar sa décomposition intérieure, depuis quarante ans par son thnique, intellectuelle et armée.
Elle est si inhabile entre l'anarchie et la servitude 1 Pour qu'elle ne pourrisse pas, il faudra encore qu'elle se latinise.
Pour nous, notre situation morale est dès à présent meilleure qu'elle ne fut jamais, par suite d'une double révélation qui s'est produite. Souvenons-nous, d'ailleurs avec une sérénité rétrospective, qu'en 1870 nous eûmes à peu près contre nous, juste ou injuste, mais dans tous les cas merveilleusement aveugle, l'opinion universelle. Sauf quelques nobles Italiens conune Garibaldi, qui se battait , et Victor-Emmanuel, qui se serait volontiers battu pour nous, qui était de notre parti? Non point la majorité des Anglais, ni le président des États-Unis qui félicitait le roi de Prusse, ni le gouvernement russe qui n'avait pas oublié Sébastopol, ni l'Autriche qui nous gardait une
légitime rancune de l'avoir abandonnée en x866. Partout, M. Thiers, implorant de l'aidepour la Frano^ trouva des visages de glace et des oreilles f ermées.»
Aujourd'hui le tableau est changé. C'est que l'indéracinable germanisme s'est dévoilé, aux yeux du monde stupéfait et scandalisé, dans sa laideur barbare, tandis qu'au contraire l'âme de la France a. relui dans ime bonté que des apparences superfiddies défiguraient, et telle même que son histoire si magni* fique pouvait à peine le faire espérer.
Ce contraste est gros de conséquences incalculables pour l'avenir.
Il a semblé aux éditeurs de ce livre qu'il ne pouvait -y avoir de plus éloquent commentaire aux judicieuses idées qui y sont exposées que la publication, en appendice, des n otes d'un voyage que M. Georges Dumesnil a fait en i8 82 en terre annexée et qui Va conduit jusqu'à Trêves. Les lignes consacrées à la rive gauche du Rhinsont, après trente-cinq ans, d'une poignante actualité: souhaitons que la question reçoive une solution conforme à celle doni M. Dumesnil indiquait la patriotique utilité.