METZ
Pagny-sur-Moselle. — Les premiers casques. — Une leçon de politesse allemande. — Un reptile de M. de Bismarck. — Une digne entrée à Metz : les recrues locraines. — La porte Serpenoise. — Trois maréchaux de France : Ney, Fabert. Bazaine. — La trahison. — Que Metz n'a rien d'allemand.
— Haut fait de la philologie tudesque. — Aspect de Metz.
— Souvenirs de France. — Tristesse de Metz. — La Terreur. — Paysans lorrains. — Idylles lorraines.
Jeudi 9 novembre 1882.
La station frontière des nouvelles limites francoallemandes, sur le chemin de fer de Nancy à Metz, est Pagny-sur-Moselle, un nom bien français, n'est-ce pas? et qui ne justifie guère les paradoxes historiques de MM. les savants d'outre-Rhin. Je retrouve, avec une émotion qu'on me dispensera de décrire, les fameux casques à pointe dont la vue m'avait été épargnée depuis l'occupation de la Normandie. "^ '' l'occupation n'a pas cessé et le casque^ prus continue de poignarder un ciel qui le renie.
On change de train. Le premier individu i lequel j'ai l'honneur de voyager en wagon allem
est hii-même un Allemand, tête brune, corpulence respectable, chapeau de feutre noir aux larges ailes. Au moment où je tire une cigarette, en m'apprêtent à lui demander la permission de fumer, il intervient pour me faire remarquer que je dois lui demander cette permission. Je hausse les épaules et jette ma cigarette. Il^omprendlabalourdise qu'il vient de commettre dans son empressement de donner une leçon de politesse à un Français; il se répand en protestations et n'a de cesse que je n'aie enân consenti à fumer. La conversatUn se poursuit. Quel étrange baragouin ! Bien que le quidam prétende avoir eu pour mère une Française, il jargonne dans un tel charabia, si prodigieusement émaillé d'étemels «n'est-ce pas? » que je comprends à peine les vilaines choses dont il m'assourdit les oreilles. Je crois saisir qu'il est question, dans son récit, d'espionner les environs de Nancy, de relever tes di^ta»ce§ te podomètre en poche avec un air innocent. Il ce dit mgi:phand et écrit à l'occasion dans tes gazettes. Qml équiv^g^ persoimage est-ce là? Et suis-je poursuivi par ma veine ordinaire d'aventures? A Londres, j'étais l'objet d^ attentions d^ deux aimailes ôJow^ auX' quels il me souvient d'ailleurs d'avoir fait ^igré^We^ ment la figue. En terre 4e S^Bt-EJ09pir«, awaii^'je eu le bonheur de mjarcber d'aJx)rd sur un d^ rç|>tite$ de M. de BisoMirdk, exposait a.y^ cymm^ tes p^its secrets de son industrie? Je tourne le dk^ nu «pnsieur dès que je mets pied à t^nce.