MET
J'arrive dans là gare au marnent même où les recmes de la Lôitâine s*y réunissent. Les pauvres petits garçons ! Tout blonds, presque enfants, si Français qu'il faut leur commander dans notre langue, marquant le^as sous Tçeil d'un caporal prussien, surveillés par ces grands diables d^officiers tout noirs l'air sévère et le geste bref. Au surplus, j'ai vu trouble. N'est-ce pas une diçne entrée dans cette pauvre ville dé Metz dont je sens, ne fut-ce qu'en écrivant ceci, que î'èii le nom rivé au cœur?
On entre dan* k vîUe par la porte Serpenoise. De grandes inscrij^ions en français y rappellent la résistance hetireuse de* Messins et du duc de Guise contre les assauts de Charles-Quint et l'armée de l'empire. Uû peu plUî^ loin à gauche, la statue du maréchal Ney, un enfant du pays. Sur la place de la cathédrale, celle de Faber, un autre maréchal, du temps de Louis XTV, celui-là. Quelques paroles héroïques de ce brave sont écrites sur le socle de la statue. « Si Ife roi m'avait donné une ville à garder, et qu'il fallût pour cela sacrifier ma fortune, ma vie, ma famille tnême, je n'hésiterais pas un mstant. » Les quelques mots de Fabert sont autrement énergiques, dans leur simplicité, que le souvenir inexact que j'en ai gardé. C'est cependant avec de tels exemples sous les yeux, dans une cité où l'histoire semblait lui crier son devoir par la voix même du bronze et des pierres, c*^ là que Baxaine a donné aux Messins le scandaleux spectacle de ses promenades en voiture pendant
136 CE qu'est le germanisme.
les batailles, pour aboutir enfin à cette capitulation qui fut le véritable coiç de grâce de la France.
Il n'est pas un Lorrain, pas un Alsacien du peuple, qui ne soit absolument persuadé que les choses étaient convenues d'avance entre le gouvernement impérial et l'ennemi. Ils en doiment mille preuves naïves. Mais j'anticipe — et je reviens.
Est-il besoin de dire que Metz est une vieille ville complètement et intégralement française? Les professeurs de droit international, les ethnologues les plus éminents de l'Allemagne en conviennent et le proclament eux-mêmes. Tout le monde y parle notre langue, sauf la colonie allemande que l'occupaticm y maintient et qui a dû elle-même apprendre le français. On a jeté sur cette couleur nationale une teinte de germanisme. Les philologues tùdesques se sont creusé la tête pour retrouver la signification primitive du nom des rues, vieux noms du cru, dont nous ne songerions guère à chercher la clet C'est ainsi que la rue Jurue devient la Judenstrasse, etc., etc. La « garde du corps intellectuelle des Hohenzollem > ne doit-elle pas être fière de prouver que la science des vieux bouquins a aussi son rôle dans la conquête des provinces, dans ce que nos pères appelaient d'une belle et forte expression «le violement du droit»?
En somme Metz, avec son pavé pointu, son macadam très dur aux petits cailloux pressés, ses rues tortueuses, son enceinte, ressemble à certaines for-