METZ
teresses, comme Valenciennes, dont la France couvrit sa frontière du Nord dans les derniers siècles.
On reiicontre là de ces bonnes vieilles figures de troupiers français, types de TEst, quelques-uns de ces braves gens avec la médaille militaire fièrement campée en pleine poitrine. Aux devantures des magasins d'imagerie, des scènes de la récente guerre de Tunisie, des DetaUle, des gravures qui représentent et exaltent Tarmée de la France.
Mais qu'on ne s'y trompe pas: la physionomie ' générale de la ville est triste. Avant la guerre, m'ont raconté les Nancéiens, il n'y avait pas de jeunesse plus joyeuse que celle de Metz, On se réunissait d'une ville à l'autre pour faire des parties de plaisir. A présent, cette vieille gaieté française est briséet Extérieurement, Metz est comme sous le coup d'une silencieuse terreur.
Pas d'impression plus navrante, et, au bout de quelques heures, plus pénétrante que celle-là. J'ai des recommandations particulières pour . quelques habitants et habitantes de la ville. On lit soigneusement les lettres que je présente. Quand mon identité est établie, on ferme la porte à def , on éloigne même les domestiques, on s'inquiète au moindre bruit. Mais aussi, la confiance venue, comme on s'ouvre à moi de tout cœur 1 Ce sont de vieux Lorrains, vrais types d'Erckmann-Chatrian, qui maudissent Bazaine en vers et en prose ; de saintes fenunes qui n'ont
Ï38 CE qu'est tfe GERMANISME.
pùnaîs voué pètsonne au diable, que leè Prussiens et tes Allemands de toute couleur.
Partout je suis reconnu pour un Français où plutôt ttn Parisien, à Vaccetit. Déâ paysans me racontent fhoniBmr de la guerre, la misère des réquisitions, lèuts faites àVec leurs bêtes et leurs Voitures au travers #efe aihmé^ fenwemîtes, Todyssée du lièvre traqué par les ïneutes. fis îiiont voir Paris. Là est leur rêve.
La fille de mon hôte à un« quinzaine d'années. Et c'est une bonne patriote qui s'est déjà signalée par plus d'Un trait de caractère en face des inèolences pWrssienn^. Elle est jolie. Un officier lui demande ttn jour une fleur de son bouquet ; elle la refuse. « Vous ftfe ht donïierîez si j'étais officier français », lui dit-il. Et l'enfant de lui répondre : « Certainement, monsî^r. » Ces petites anecdotes èourent la ville et téjouissent îces pauvres annexés.
En partant, je fais une gratification âsse^ forte irtix ^àervantes. Ma petite hôtesse veut m'en empêcher. « Bàh ! hii dis-je, vous n'avez pas tous les jours «û Français. » A ce moment, le facteur prussien entre en icoup €e Vent. La jolie enfant, qui veut balbutfer ^dque tihôse, reste muette, la rougeur aux joues, «ëBd^îBfeWrèiit encadrée dâ»s la vieille porte ; je nae SÀUVe, leto eîftportant un regard que jè n'ai pas payé trop ^er.