LUXEMBOURG. I4I
. Une des questions vitales de la politique intérieure du Luxembourg est celle du cléricalisme. Le catholicisme est là très puissant. Il s'arrange même assez mal d'une France républicaine, qui fait la guerre à toutes les formes de Tultramontanisme, et il tient fort en suspicion l'esprit laïque qui se respire aujourd'hui chez nous. C'est à cela sans doute qu'il faut attribuer certaine mesure de détail, prise récemment par l'administration luxembourgeoise. Depuis la guerre de 1870, le grand-duché entretenait constamment im de ses jeunes nationaux dans notre École normale supérieure à Paris. Il a cessé de le faire. On ne peut en rendre responsable l'enseignement de cette école, tel assurément que les jeunes gens de cet âge n'en peuvent trouver nulle part ailleurs, même en Allemagne. Il est probable que les' pasteurs du petit peuple académique de Luxembourg auront craint pour leurs brebis la contagion du troupeau suspect de la rue d'Ulm. Une autre manifestation plus considérable de la puissance catholique dans le Luxembourg, c'est l'enseignement de la théologie scolastique qui continue de s'y maintenir et. d'y régner.
Malgré cela, le Luxembourg a ses institutions libérales, et même son ministère libéral comme on peut l'être dans ce pays, sorte de ministère à la manière belge qui, tout en laissant au catholicisme la place énorme qu'on ne peut lui ôter dans le domaine des moeurs et de la société,, s'efforce du moins de combattre sa tendance à l'accaparement total. Le
Î42 CE qu'est lë Germanisme.
ôtifirage est i)tesciue Ufilvertd. Utt eetié peu êevé donne le droit de vôtet dân§ îês âectiôîis fflutiîc^afes et l^latîve^. Le roi de Hdlaîid«, qni est gf aîld*dtie de Ltixembonrg, comme on sait, signe les âeteà émx fois par semdfle, et « utilement ati bout de fetiit JOttrs, fe'il est de matiVâîse htimenf i>. Une dès lôià îeâ plifè importantes et les plus utiles que la nattôrt ^ volt donner dépuis quelque temps &st cêlie qui tè^t i'éiiseîghement public. tJnê ècôte fiotmàle hâquè est soutenue pàt lé gouvètnemèut. L'action du eûfé sur réeole primaire à été limitée. îl ne peut y venir qu*Uûe fdîfe par mois pour examiner les enfants au pdîlt de vue moral. Il a le droit d'y faire ie Catéehième trois feià par semaifte, en dehofâ des heures de tla^e. Le f<èste appartient à rinstructiôtt laïque.
La ville de Ltoembourg est située sur Un rocher qui domine la campagne à Tentour et qui en est ïséparé à quelques endroits par ufi profond et magnifique ravin. Le coup d*teil est Surtout Superbe du tôté de là vallée dé Pépinster, dont on voit l'entrée, et qui s'en Và, plus au uôrd, aboutir dans les provinces orientales de la Belgique. Le roc, d'un gris clair, est presque partout â fleur de terre. De Tautte côté de là vallée, Toeil se reposé sur les hauteurs d'un plateau, où l'on aperçoit de loiâ ttes ëirbréj robustes, clairsemés autour de grandes ftidsons blanches. Au fond du ravIn, oceupé par t|uelques industries, côulé TMiette, que franchit le chemin de fer sur un hardi viaduc. A droite, on