RÊVES
: du vieux Segengis, sculpté e de naturel et de vie intense, lort la momie de saint Théo- 1 aperçoit à travers une^tre ae comme du tabac, couché ouvert d'un voile de mous- Her et tombant en poussière, le cette vieille ville, où This- )numents, un si fier langage, res des hommes racontent que ne peuvent faire leurs nortelles.
; aujourd'hui un temple pro- , un vieil édifice romain en Eide place. Où s'assemblèrent iats du roi de Prusse manœuvrent, pendant que je passe, avec leur automatique et mathématique précision.
Au coin de la place, au bout de la ville, le palais des empereurs romains ou bains romains, ruine imposante et compliquée où croissent les ronces, sans parvenir à effacer la majesté que le peuple-roi savait, pour toujours, donner aux pierres.
Enfin, hors la ville, dans le pH abrité de deux collines toutes chargées de treilles, l'amphithéâtre ou cirque romain, appelé/par les Allemands Kaskeller. Il déploie son large ovale, comme au temps où l'on y livrait les prisonniers des forêts du Rhin aux bêtes féroces de l'Afrique.
148 CE qu'est le germanisme.
Au-dessus du Kaskeller, je gravis un instant la colline. La ville déroule à mes pieds son merveilleux panorama : elle m'offre ses étranges clochetons et ses énormes bâtisses. Elle est bornée au fond par la vallée de la Moselle et les coteaux de la rive gauche du fleuve. Sur ces coteaux, se dresse ime statue colossale de la Vierge qui, debout sur un socle haut comme un obélisque, semble dominer glorieusement tout le pays. Les stratifications des collines, mises à nu par le temps et qui vont en s'inclinant d'un bout à l'autre de l'horizon, finissent par aller au nord s'enfoncer dans la terre, comme si toute leur masse avait quelque jour versé et croulé sur im côté. Les vignes s'étagent partout sur leurs flancs. Le soleil illiunine le tableau d'un rapide et magnifique rayon. Je veux revoir de près les flots de la Moselle que j'ai quittée à Metz.' Elle coule et roule, furieuse et jaune, sous le vieux pont aux arches étroites, se brisant sur lui avec des remous et des tourbillons. Les arches ont plié le dos par placeset se sont surbaissées sous l'effort. Au milieu du courant, sur le pont, un Christ étend ses bras, comme pour accrocher le dernier regard des mariniers brisés sur les piles et engloutis dans l'onde furieuse.
Ainsi, m'a-t-on raconté, mes aïeux, mariniers de la Seine, faisaient le signe de la croix avant de passer sous le pont de l'Arche, bâtiparCharlemagneàPontde-l' Arche en Normandie, et recommandaient leur âme à Dieu.