‹ Ce qu'est germanisme;Chapitre 45 sur 50 · LES FRONTIÈRES DE L'EST · texte numérisé non relu

LES FRONTIÈRES DE L'EST

La vallée de la Moselle. — •. L'empire romain et l'occupation du Rhin. — Si la rive gauche eût été latine I — Colonisation romaine. — Les Rhénans. — Révolution et empires. — Nouveau passage à Metz. — Les forteresses de l'Allemagne contre la France. — Première ligne de défense française. — Les chefs de la maison. — Seconde ligne de défense et troisième point d'arrêt.

Ce ne fut pas sans une certaine tristesse que^je regagnai Nancy. Tandis que le train filait dans rétroite vallée de la Moselle, en suivant exactement le cours du fleuve, je regardais fuir Tun après l'autre les mamelons de la chaîne continue des collines, toutes couvertes de vignes striées par de petits murs de pierre en gradins qui sont moins destinés sans doute à marquer les limites des enclos qu'à retenir les terres et à les empêcher de s'ébouler. Le paysage est beau et, après les plaines que j'avais traversées de Paris à Metz, il me rappelait, par son aspect pittoresque, les vallées de la Normandie, moins les grands horizons, les pâturages, Ja verdure et la gaieté.

150 CE qu'est le germanisme.

En effet, le ton général, au moins en ce moment' de Tannée, à l'entrée de l'hiver, en est im peu rouge, ou gris de brique.

La vue des vestiges romains de Trêves m'avait profondément impressionné. La civilisation latine avait-elle donc définitiveiçent reculé de ce côté-là? Je songeais à l'époque où cet empire romain, dont je venais de voir le puissant témoin dans la porta nigra, tout en étendant ses limites en Afrique et en Asie bien au delà des points où s'arrête sur la Méditerranée l'influence européenne, assurait ses frontières depuis le Danube jusqu'à l'Ecosse par une série ininterrompue de fortifications qui touchaient aux Carpodies et au Weser.

Assurément l'occupation, sur la rive droite du Rhin, n'avait jamais eu qu'im caractère précaire et peu civilisateur ; elle n'y dut guère réussir. Mais il est fâcheux pour la paix du monde qu'elle n'ait pas eu un succès plus complet sur la rive gauche. Le Rhin„ comme le Danube pour certains peuples, serait peutêtre devenu une barrière et \m trait d'union entre Latins et Germains. Au contraire, ceux-ci étant en possession de la partie inférieure des vallées dont l'origine est chez nous, ils n'ont jamais cessé de presser à notre porte. La France, constamment menacée jusque dans le bassin de la Seine par le mouvement envahisseur qui lui vient de l'Allemagne, sans qu'elle ait elle-même jamais immigré vers l'Est ; plusieurs fois foulée aux pieds, conquise même»

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