LES GAULOIS
Plaçons en regard de ces Germains le peuple où nous reconnaissons plus directement nos aïeux. Voici ce qu'en dit Caton : « Ils aiment à combattre avec « courage et à parler avec intelligence; ils sont batail- « leurs et vantards, légers et inconstants ». Et voici ce qu'en dit Strabon : « Le caractère commun de « toute la race gallique, c'est qu'elle est irritable et « folle de guerre, prompte au combat, du reste simple « et sans malignité. Si on les irrite, ils marcheront « ensemble droit à l'ennemi et l'attaquent de front, « sans s'informer d'autre chose. Aussi par la ruse, « on en vient aisément à bout ; on les attire au com- « bat quand on veut, où l'on veut, peu importent les « motifs ; ils sont toujours prêts, n'eussent-ils d'autres < armes que leur force et leur audace. Toutefois, par « la persuasion, ils se laissent amener sans peine aux «choses utiles;^ ils sont susceptibles de culture et « d'instruction littéraire. Forts de leur haute taille «et de leur nombre, ils s'assemblent aisément en « grande foule, simples qu'ils sont et spontanés, pre- «nant volontiers en main la cause de celui qu'on « opprime ; enfin ils aiment les autres peuples ».
Leurs prêtres, les druides, étaient exempts d'im* pots et de service militaire ; ils se recrutaient par des séminaires où le temps de l'écolage était fort long ; ils
tenaient des collées et des universités fort peuplés où ils enseignaient les dogmes de la Providence et de l'immortalité de l'âme ; ils exerçaient des fonctions judiciaires et usaient de l'excommunication; ils tenaient des synodes ou des conciles et se donnaient im chef suprême dont le choix n'allait pas toujours ;Sans combat. Parmi leurs divinités, il convient de signaler comme bien caractéristique Ogni, l'Hercule gaulois, dieu de l'éloquence intelligente, qui retenait près de lui ses auditeurs charmés, par des chaînes d'or allant de ses lèvres à leurs oreilles. En somme, Cés2tr, tout Romain qu'il était, ne les considère pas comme des barbares et parle de leur civilisation {cuUus), dont ils étaient eux-mêmes fiers en se comparant aux Germains.