‹ Ce qu'est germanisme;Chapitre 8 sur 50 · LES NIBELUNGEN · texte numérisé non relu

LES NIBELUNGEN

Revenons à la « bnlte blonde ». On voit conune sa mythologie rudimentaire et brutale ne souffre aucune comparaison avec celle des Méditerranéens, ni sa culture avec celle des Gaulois, ni peut-être son âme avec celle de ses voisins en deçà du Rhin. Nous y pénétrerons davantage si nous consultons le célèbre poème des Nibelungen, rédigé au moyen âge, mais où les critiques s'accordent à trouver une expression des sentiments qui dès l'origine animaient la race.

Le roi Nibelung est mort. Il a laissé un gros trésor.

Et comment, dans un poème qui symbolise le génie de l'Allemagne, ne serait-il pas tout de suite question d'im trésor? Les fils de Nibelung, s'apprêtent à partager le trésor paternel quand le héros Sigfrid s'ap* proche. Il faut lui offrir une part. Il choisit Tépée Balmimg avec laquelle il ravit aux fils de Nibelung et le trésor même et le pa}^. Puis il va demander Grimhilde, fille du roi des Burgondes. Il menace de la prendre, mais on la lui donne. De ce chef, il a un beau-frère, Gunther, épris de l'héroïne Brunehilde* Pour l'obtenir, il fallait lancer plus loin qu'elle un rocher, la vaincre à la lance et à Tépée et, une fois fiancée, lui faire violence. Sigfrid entreprend cette conquête pour le compte de Gunther ; grâce à des sortilèges, il y réussit, mais ne poussant pas à l'extrême ses avantages, se contente d'emporter l'anneau et la ceinture de la guerrière. Et il a l'imprudence de les donner à sa femme. Il n'en faut évidemment pas davantage pour susciter ime inexpiable inimitié entre Grimhilde et Brunehilde. En vain Sigfrid essaie de mettre sa femme à la raison en la corrigeant ; mais Brunehilde prend les devants en suscitant le traître Hagen, qui tue Sigfrid et plonge le trésor du Nibelung dans le Rhin, au gouffre de l'ondine Loreley. Grim^ hilde est veuve. Avide de rentrer dans la possession du trésor, eUe épouse Etzel (Attila), roi des Huns, et dans un grand banquet qu'elle a ménagé, excite une querelle entre les Huns et les Burgondes. Ceuxci sont enfumés et tués, Gunther et Hagen sont faits

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prisonniers. Grimhilde frémit de se faire rendre le trésor et, sur le refus que lui opposent Gunther et Hagen de lui révéler le lieu où elle le retrouverait, elle fait trancher la tête à son frère, elle perce Hagen avec répée de Sigfrid. Indigné, le serviteur du Goth Dietrich (Théodoric) d'un revers la coupe en deux. Combien tout ceci es£ loin de notre Chanson de Roland, bien que la rédaction soit d'une époque voisine. Ce que le poème contient de louable réside en quelques traits de chevalerie dus à une influence française, mais sur quel fonds de barbarie! Voilà bien des passions cupides, sanguinaires, brutales, élevées sur ime fable médiocre et pauvre.

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