‹ Ce qu'il a chanté [microforme]Chapitre 12 sur 14 · NE · texte numérisé non relu

NE

Le gentil écureuil, lorsque le soleil brille, Vif, joyeux et pimpant, fait entendre son trille, Sur la branche d’un sapin vert; Puis en sage économe, il ronge une cocotte Pour ménager les noix qu’il croque dans sa grotte, Quand viennent les grands froids d'hiver.

Et les ours, engourdis dessous la neige épaisse, Dorment en attendant que le printemps renaisse Avec ses succulents agneaux ; Et le fier orignal, à la membrure alerte, Epiant le chasseur, brodte la mousse verte Qui croît sur le trone des ormeaux.

Le renard glapissant a quitté sa tanière Pour aller dans la plaine aiguiser sa molaire A l’appât que tend le trappeur.

Le lièvre soupconneux est blotti dans son gîte Et puis, au moindre bruit, il frémit, il s’agite, Et croit devoir mourir de peur.

O vous qui repose: en des lits de dentelles, Frileusement cachés sous vos chaudes flanelles,

Non, vous n’avez jamais pensé À vous mettre sur pieds, un jour quand le froid pique, Pour aller contempler la majesté féerique D'un bois que Décembre a glacé.

Le festin de Pierrot

A mon ami À.-N. Montpe tit.

Les plus courtes folies sont les meilleures.

Page 1