LE JOURNALISME CANADIEN
Le journaliste canadien s'est identifié avec nos progrès. fut le bras droit, le collaborateur recherché, apprécié de nos compatriotes qui mirent leur génie au service de l’ organisation et du développement de notre pays. Le Journalisme canadien a fourni des apôtres, des patriotes, des éclaireurs, des législateurs, des littérateurs et même des financiers, mais pas de millionnaires.
Depuis qu’une grande partie de la presse est commercialisée, A rares sont les journalistes restés maîtres de leur plume et libres de leur pensée, libres de faire profiter leurs lecteurs du fruit de leur travail et de leurs cerveaux. e
Est-il quelque chose de plus douloureux que d'entendre un bon jeune homme, plein de talents, dire à quelqu'un: “Je vous applaudis . de tout cœur, je sais que vous avez raison, mais, pardonnez-moi, je serai obligé de dire le contraire demain dans le journal que je représente; ; car autrement je perdrais ma position. Je serai même obligé de vous dire toutes sortes d injures pour servir mes maîtres.”
Ah ! si le gouvernement voulait aussi, en encourageant la littérature, assurer plus de liberté au journalisme : faire de manière à ce que le journal soit considéré comme un organe de la vérité, de la dignité, de la justice, et un honnête ami du peuple, quelle belle œuvre ne ferait-
il pas ! quelle belle œuvre ! La liberté de la presse, l’avons-nous bien en réalité ?
(A la Législature, lère session, 1922.)