INVOCATION
Musc de la flânerie, vierge rêveuse aux bras ballants, à la chevelure flottante, à la ceinture dénouée, aimable et facile compagne de Sterne et de Tôpîïcr, d’Hoffman et de Xavier de Maistre, c’est loi que j’invoque aujourd’hui !
\ T c vous effrayez pas , lecteur. Ceci n’est point un poème épique; seulement, dès le début, j’ai voulu placer mon ouvrage sous la protection des dieux indigètes, et graver le nom du genius loci sur le frontispice de ma maison.
Cela fait, je me sens la conscience nette, et je vais me mettre à mon aise : ce sera de la couleur locale. J’ai toujours aimé d’ailleurs le style pédestre dont parle Horace , un grand poète , qui était en même
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temps un grand flâneur, tout Romain qu’il fût ; un bonhomme malin, qui se promenait volontiers d’un bout à l’autre du jour sur la voie Sacrée, au Forum , au Champ de Mars, comme fait un petit rentier du Marais , les jours de fête , aux Champs-Klysécs , — et qui , en revenant , allait ccouler avec délices les graves discussions des oisifs de la ville éternelle , sous l’auvent d’un barbier.