SKUVIUA DU PAIX FRAIS
DA\S LES KLKS De PARiS. Ti^
J'ai trouvé ailleurs cette invitation piteuse, tracée sur des écrileaux parsemés çà et là entre les carafes et les salières :
Sr OX EST COXTEXT , ON EST PRIÉ DE DEMAXD^R
UN AXXEAU.
Plusieurs ont la ruse do remplir leurs casiers de serviettes sales et roulées, pour faire croire qu^ils comptent leurs abonnés par centaines,
Ce qu'on mange là dedans sous prétexte de bifteck» ce qu'on y boit sous prétexte de vin, on Ta déjà dit bien des fois. Je ne suis pas asses versé dans Tétude de la chimie et de rhistoira.natureHe pour affronter de san^-froid les mystères de cette périlleuse analyse.
Voiri seulement un petit fait, complètement histo-> rique, que j'emprunte à la Gazelle des Tribunaux, où ii y a tant de choses à prendre pour quiconque veut aj)prorondir les mœurs et les petites industries parisiennes. La scène se passe au Veau français, vers r h (Mire du dîner. La salle est encore à peu près vide. Iii habitué du lieu, impatienté d'appeler vainement le ;{arron sans rien voir apparaître, pénètre familièrenient dans la cuisine, et là, que trouvc-t-il? Le [{arron demandé, le f^arron lui-même, absorbé tout entier dans une préparation culinaire, qui n'a point élé dôlinie j)ar Can^nie ni Brillât-Savarin. 11 s'wciipail, si vous voulez le savoir, h faire des yeux au bouillon, par un moyen aussi ingénieux qu'écononiitjue: pourre, il avait rempli sa bouclic d'huile, jns(ju'à se gonfler les joues en forme de ballon, et à Taidc (le petits coups secs, frappés de chaque côtéàla tnis avec la paume des deux mains, il faisait jaillir vivement , par les It'vres entr'ouvcrtes , un jet qui, tombant dans un grand lase plein d'un liquide jaunâtre.
produisait à la surface un œil superbe et bien propre à chatouiller la convoitise d^un épicurien. La chronique rapporte que le client, indigné, s^ oublia jusqu'à lever la main , même le pied , sur le garçon : comment fil-il pour n'être pas désarmé par la simplicité pleine de grandeur de cette invention , digne en tout point du siècle qui a porté si haut Tindustrie?
Je me suis étendu sur ce chapitre plus longtemps que je ne croyais et que je ne l'aurais voulu. Que conclure de tout cela, car on dit qu'il faut une conclusion à toutes choses : ô [jluôoç SrjXoî ^i, Paris mange trop , Paris boit trop , Paris se livre , sans pudeur et sans retenue , aux instincts sensuels qui l'entraînent à la dérive.... Et puisque je suis en train de moraliser , j'aime autant poursuivre sur ce ton pour me décharger tout d'un coup.